Entreprise

Avec le développement économique, vient son lot d’inégalités sociales. Pourtant, il est possible de créer de l’activité économique dans le respect des travailleurs et de l’environnement notamment. C’est le concept de l’entrepreneuriat social qui connaît depuis quelques années un succès grandissant.

Selon une étude réalisée par BNP Paribas Fortis en septembre 2013, on dénombre en Belgique 3 460 entités (commerciales ou non) actives dans l’économie sociale dont 210 entrepreneurs sociaux pour 16000 emplois créés. Selon une estimation de l’Union européenne, 4,1 % de la population belge est active dans une entreprise sociale. D’autres études font état que près de 10 % de l’emploi salarié en Belgique serait généré par l’entrepreneuriat social avec un taux d’accroissement 2,5 fois supérieur au reste de l’économie. On trouve ces entreprises sociales pour 47 % en Wallonie, 42 % en Flandre et 11 % à Bruxelles.

Quatre critères fondateurs

Mais que recouvre au juste ce concept ? "Il reste un peu flou (et ce n’est d’ailleurs peut-être pas plus mal car, avec des critères trop stricts, on pourrait décourager l’envie d’entreprendre) mais on peut trouver quatre éléments communs", explique Vincent De Coninck, cofondateur et coordinateur de Positive entrepreneurs, le réseau belge des entrepreneurs sociaux. "La première est d’avoir un impact positif sur la société. Pas uniquement parce qu’on crée de l’emploi mais parce qu’on répond à un challenge social comme la pauvreté, l’écologie, le logement… Ensuite, il faut que le projet économique de l’entreprise soit viable. Troisième critère : les profits doivent servir principalement à atteindre des objectifs sociaux (investissements à caractère social par exemple). Et enfin, le modèle de gouvernance de l’entreprise est participatif."

Les secteurs d’activité sont variés : alimentation, culture, habitat, mobilité, service aux entreprises, textile et bien d’autres. Près de 100 de ces entrepreneurs ont rejoint le réseau Positive entrepreneurs, créé en 2010. "Nous travaillons sur deux axes, celui de la connexion avec la mise en réseau des entrepreneurs entre eux et avec des partenaires stratégiques comme les incubateurs, les business schools, les investisseurs à risque et celui de l’inspiration en promouvant le concept", indique Vincent De Coninck, qui en est convaincu : l’entrepreneuriat social va prendre de l’ampleur et bénéficier de davantage de soutien. "De grandes banques, entreprises de consultance s’y intéressent. Comparés à ceux des entreprises classiques, les projets sont souvent bien mieux mûris et la proportion de remboursement des prêts plus élevée", dit-il.Isabelle Lemaire