GDF Suez : Gérard Mestrallet sur le gril

Ariane van Caloen Publié le - Mis à jour le

Entreprise

L'ambiance était légèrement électrique mardi lors de l'assemblée de Suez, qui avait lieu dans un Palais des Congrès bien rempli. Les critiques ou remarques ont essentiellement porté sur l'opportunité de la fusion entre Suez et Gaz de France (GDF) ou sur des questions de bonne gouvernance.

Plusieurs actionnaires se sont étonnés qu'une entreprise aussi bien portante que Suez s'allie avec Gaz de France, un groupe qui, selon eux, pâtit de son statut de groupe public et qui a comme patron Jean-François Cirelli, un homme aux ordres du monde politique pour avoir été l'ancien chef de cabinet de Jean-Pierre Raffarin. Un actionnaire a rappelé l'image du "mariage de la carpe et du lapin".

D'autres petits porteurs ont remis en question le côté indépendant de certains administrateurs tels que l'ancien ministre français de l'Economie Edmond Alphandéry ou Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva (groupe nucléaire français actionnaire de Suez à un peu plus de 2 pc). A aussi été évoqué l'âge moyen des administrateurs (68 ans).

Mais Gérard Mestrallet, le P.D.G. de Suez, ne s'est pas laissé démonter par ces interventions qui, à plusieurs reprises, ont été suivies d'applaudissements. "Tous les administrateurs sont actifs, compétents et impliqués", a-t-il dit. Il a aussi défendu l'indépendance d'esprit de personnalités comme Anne Lauvergeon et Edmond Alphandéry.

Pour la fusion, il n'est pas non plus resté à court d'arguments. "GDF est une très belle société dont 40 pc des activités sont réalisées au niveau international. C'est un mariage logique", a-t-il souligné. Lors de son allocution d'introduction, il a confirmé que la fusion serait entérinée à "l'horizon de mi-2008". Les prochaines étapes seront l'avis des instances du personnel de GDF et les assemblées des actionnaires. "Le processus d'intégration est lancé; les équipes travaillent déjà ensemble. L'objectif est de créer un leader", a-t-il expliqué. Il a aussi été interrogé sur la valorisation de la filiale à créer Suez Environnement (dont 65 pc du capital seront traités en Bourse). "C'est l'équilibre entre l'offre et la demande qui déterminera la cotation", a-t-il expliqué.

Questionné sur un éventuel intérêt pour British Energy, le P.D.G. de Suez a redit que le futur groupe comptait se développer dans le gaz et l'électricité en Grande-Bretagne, mais qu'il ne prendrait pas de décision d'investissement majeur en Grande - Bretagne avant la réalisation de la fusion avec GDF.

Résultat en hausse

Avant que la parole ne soit donnée aux actionnaires, il avait notamment souligné que les résultats de Suez étaient "en ligne" avec les objectifs fixés pour 2008, à savoir une hausse de 10 pc du résultat brut d'exploitation (RBE). Le groupe a en effet annoncé hier un RBE au premier trimestre de 2,3 milliards d'euros (+ 12,7 pc en croissance organique). Le chiffre d'affaires progresse de 9,9 pc à 13,7 milliards d'euros. Cette croissance organique s'explique tant par la hausse des ventes d'électricité que par la progression des activités services à l'énergie en Europe ou du pôle environnement. Des chiffres bien accueillis par le marché, l'action gagnant 2,76 pc à 45,85 euros.

Ariane van Caloen

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