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L'Union européenne pourrait bloquer la prochaine tranche d'aide due à la Grèce pour la sauver de la banqueroute, a averti dimanche le commissaire européen aux affaires économiques Olli Rehn, dans l'hebdomadaire Der Spiegel.

Le Fonds monétaire international (FMI) a prévenu jeudi qu'il n'allait continuer de verser son aide à la Grèce que s'il obtenait des "assurances" que le pays est en mesure de lui rembourser cet argent.

"Nous, Européens, posons les mêmes conditions que le FMI", a affirmé M. Rehn. Le commissaire européen fait tout dépendre de l'avis que doit rendre la troïka (FMI, Commission et Banque centrale européennes), mais prévient que "la situation est très sérieuse".

Le rapport devrait mettre en évidence que la Grèce n'a tenu aucun des engagements budgétaires qui lui avaient été fixés en échange de l'aide, affirme l'hebdomadaire allemand, sans révéler sa source.

Jeudi, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, avait lui aussi émis des doutes sur un éventuel feu vert de la troïka.

Le FMI prévoyait notamment un retour de la Grèce sur les marchés de la dette en 2012. Cette éventualité est aujourd'hui inenvisageable, et le trou, estimé par Der Spiegel à 25 milliards, doit être comblé d'une manière ou d'une autre.

Les comptes de la Grèce sont dans un état particulièrement inquiétant. Le gouvernement grec a promis, sous la pression de ses bailleurs de fonds, de réaliser des privatisations susceptibles de rapporter 50 milliards d'euros, mais aucun plan détaillé n'est prêt.

La Grèce avait été le premier pays de la zone euro à bénéficier d'un plan d'aide à hauteur de 110 milliards d'euros. Depuis, l'Irlande puis le Portugal ont également fait appel à l'aide e l'UE et du FMI, et les marchés financiers craignent que l'Espagne ne suive bientôt.