Entreprise

Ce lundi, le tribunal de commerce de Bruxelles a officiellement prononcé la faillite de la filiale belge de l'opérateur câble KPNQwest. Vendredi passé, la maison-mère de cette dernière - une joint venture créée en avril 1999 par le néerlandais KPN et l'américain Qwest - avait elle aussi demandé la mise en faillite. L'opérateur, qui dispose d'un réseau de près de 25.000 kilomètres de fibre optique à travers 18 pays d'Europe, ne peut en effet plus faire face à un endettement de 1,8 milliard d'euros.

Pour les 340 personnes employées par la filiale belge à Hoeilaart, où se trouve le centre opérationnel du réseau international, l'heure est à l'attente d'un éventuel repreneur. Pour certains de ces techniciens de haut niveau, cette situation est presque devenue habituelle, le centre opérationnel de Hoeilaart ayant déjà changé de mains à plusieurs reprises depuis sa création en 1995. Au fil des reprises et des faillites dans le secteur des télécoms, il a ainsi appartenu à Hermes Europe Railtel, GTS et Ebone. C'est en mars dernier qu'il avait été repris par KPNQwest.

Du côté des syndicats, on fait valoir le niveau élevé de qualification et le savoir-faire unique en Europe des employés belges de KPNQwest. Le SETCa demande du coup qu'une éventuelle reprise du réseau s'accompagne aussi d'une reprise de l'ensemble du personnel.

Les autres en profitent

Pour les quelque 100000 clients de KPNQwest, l'heure n'est par contre plus à l'attente. De peur de voir son réseau arrêté en partie ou en totalité par une décision judiciaire, l'opérateur câble a d'ailleurs incité ses clients à se mettre à la recherche de solutions alternatives. Il a même pris les devants en se réunissant dès jeudi soir avec ses principaux concurrents pour rediriger le trafic de ses plus gros clients et particulièrement les autres opérateurs télécoms.

Logiquement, les BT Ignite, WorldCom et autre Colt Telecom se frottent évidemment les mains et ont tous mis en place des procédures extraordinaires pour pouvoir répondre à la demande des ex-clients de KPNQwest. `Nous avons mis en place un centre d'assistance téléphonique accessible 24 heures sur 24´, explique Alain Vande Kerkhove, responsable du marketing chez Colt Telecom. Il affirme par ailleurs qu'un certain nombre de grands clients internationaux les ont déjà contactés. `Nous avons les moyens de les connecter à notre réseau dans les 48 à 72 heures´, dit-il, en insistant sur le caractère confidentiel du nom de ces entreprises. `Si leurs clients à eux apprennent que leur fournisseur était en réalité client de KPNQwest, leurs réactions pourraient être catastrophiques´, explique-t-il.

AT&T plus candidat?

Pour la plupart des observateurs, il n'y a cependant aucune raison de paniquer. `KPN va fournir les fonds nécessaires pour assurer la continuité du service et le réseau va probablement être repris assez rapidement´, commente Stéphanie Voisin, analyste chez Petercam.

En ce qui concerne le nom du possible repreneur, il a surtout été question jusqu'ici de Verizon, BT, Cable and Wireless et AT&T. C'est principalement ce dernier qui semblait tenir la corde, un porte-parole de KPNQwest le citant nommément comme un des candidats potentiels. Mais il semble que depuis lors, AT&T ait été (momentanément?) écarté de la liste...

© La Libre Belgique 2002