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Aubaine pour les ministres des Finances et trésoriers municipaux allemands : au premier semestre, les excédents budgétaires de l’Etat fédéral, des Etats régionaux, des communes et de la sécurité sociale ont atteint la somme record de 21 milliards d’euros, soit 1,4 % du produit intérieur brut (PIB).

Les pouvoirs publics ont encore fait mieux qu’au cours de 2014, où pendant l’année entière, l’excédent budgétaire s’était inscrit à 0,3 % du PIB. Les budgets publics profitent d’une sorte de "cercle vertueux". L’Office statistique fédéral de Wiesbaden Destatis énumère toute une série de facteurs favorables : le haut niveau de l’emploi, la croissance élevée, la baisse des taux de l’emprunt, ainsi que la modération des dépenses publiques. Le record de l’emploi, poursuit-il, galvanise l’impôt sur le revenu et les contributions à la sécurité sociale (assurances maladie, vieillesse, chômage).

Recettes exceptionnelles

Toutefois, il y a eu un effet exceptionnel : les recettes de cinq milliards d’euros provenant de la vente aux enchères de fréquences pour le réseau de téléphonie mobile. Le ministre fédéral des Finances, Wolfgang Schäuble, victime de critiques acerbes lorsqu’il avait proposé un Grexit, qui aurait obligé la Grèce à quitter la zone euro, peut se consoler : à lui seul, l’Etat fédéral a dégagé la moitié de l’excédent public, soit 10,5 milliards sur 21 milliards.

Les Etats régionaux, qui avaient encore été déficitaires de 0,7 milliard il y a un an, affichent cette fois un surplus de 2,6 milliards. Les communes font preuve d’un excédent de 4,2 milliards. La sécurité sociale reste excédentaire, mais son surplus a diminué de plus d’un tiers à 3,7 milliards. Par une modification de la Constitution, l’État fédéral s’est engagé à éviter tout nouvel endettement, les Länder devant y passer dans quelques années. À noter que le plus grand Land, la Rhénanie du Nord-Westphalie très endettée, ne s’en sort actuellement que parce que les recettes fiscales abondent.

Baisse des investissements publics

Au niveau de l’ensemble des collectivités territoriales et de la sécurité sociale, la sagesse prédomine, la hausse des recettes (+3,7 %) l’emportant sur celle des dépenses (+2,1 %). Destatis a confirmé hier qu’au deuxième trimestre, le PIB a progressé de 0,4 %, après une augmentation de 0,3 % au premier trimestre. Pour 2015, Berlin et la plupart des économistes prévoient 2 % de croissance.

"L’Allemagne est un roc dans la houle mondiale", a lancé le professeur Hans-Werner Sinn en présentant l’indice Ifo, qui est monté de 108 à 108,3 points. Une ombre au tableau : au premier semestre, les investissements publics allemands ont reculé de 1,2 %. Cela pourrait motiver les pays partenaires européens, la Maison-Blanche et le Fonds monétaire international à exiger de nouveau de Berlin des investissements accrus dans l’infrastructure informatique et celle des transports. Schäuble a déjà débloqué des milliards supplémentaires pour le rail et la route, mais de l’avis des experts, cela ne suffit pas.