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L’Estonie s’apprête donc à adopter, au 1er janvier, la monnaie européenne, son gouvernement de centre-droit affirmant que cela donnera une nouvelle impulsion à l’économie et à l’emploi, malgré la crise de la zone euro. C’est que cette crise n’est évidemment pas de nature à faire la promotion de la monnaie unique. Certains craignaient au départ que l’adoption de l’euro favorise la hausse des prix. Aujourd’hui, d’autres se demandent pourquoi il faut adhérer à un système dont la crédibilité est remise en cause depuis la crise grecque.

Pourtant, la plupart des Estoniens, entrés dans l’UE en 2004, sont favorables au remplacement par l’euro de la couronne, monnaie nationale créée à la place du rouble soviétique en 1992, après cinq décennies de domination de Moscou. Réputé pour sa rigueur budgétaire avant la crise mondiale, le gouvernement estonien de centre-droit clame que le passage à l’euro est avantageux et constitue une étape logique pour une petite économie ouverte au monde. "Le Fonds monétaire international indique que le passage à l’euro devrait accélérer la croissance de 0,15 % à 1,0 % par an, au cours des vingt prochaines années , a déclaré le ministre estonien de l’Economie, Juhan Parts . Notre commerce extérieur se fait à 80 % à l’intérieur de l’UE. Le marché commun est avantageux pour nous tous. Il permet aux entrepreneurs estoniens de vendre leurs produits plus facilement, créant ainsi des emplois et garnissant les tables", a-t-il ajouté.

Surnommée "le Tigre de la Baltique" pour son passage rapide d’une économie centralisée à l’économie de marché et pour sa croissance impressionnante, l’Estonie a déjà tenté en 2007 d’adopter l’euro mais elle a raté son but à cause d’une inflation trop élevée. Le pays a ensuite été touché de plein fouet par la crise mondiale. Son économie s’est contractée de 14,1 % en 2009, soit l’une des plus fortes chutes dans le monde. En 2010, le PIB estonien devrait toutefois croître de 2,5 %, avant une hausse attendue de 3,9 % en 2011. En 2009, ses déficits publics sont chiffrés à 1,7 % du PIB et ils devraient baisser à 1,3 % en 2010, avant de remonter à 1,6 % en 2011.

"La situation actuelle indique clairement que de nombreux autres pays de l’UE devraient avoir des politiques de rigueur comme l’Estonie", a déclaré Andrus Saalik, chef du département de Macroéconomie au ministère estonien des Finances.

Cependant, pour les antieuro, l’adhésion à la monnaie commune est très mauvaise pour l’Estonie. "Pendant les 48 ans passés dans la zone du rouble, notre pouvoir de décision était proche du zéro, et il en sera de même dans la zone euro", disent-ils. Et la crise provoquée par la Grèce n’est pas de nature à les faire changer d’avis : "Combien de temps un système, dont pratiquement aucun membre ne respecte les critères de Maastricht ou les exigences du pacte de stabilité, peut-il encore tenir ?", s’interroge-t-on. Le Premier ministre Andrus Ansip insiste, lui, sur le fait que l’adhésion à l’euro "apportera la stabilité et la fin de la spéculation, incompétente sinon malveillante, sur la dévaluation de la couronne". (Avec AFP)