Entreprise

La médiation s’avère efficace avec un taux de réussite évalué à 80 %. Témoignages et analyse de la loi qui donne un rôle accru au juge.

La scène se passe il y a quelques mois au tribunal de l’entreprise de Bruxelles (section francophone). Un couple séparé se retrouve devant Sylvie Frankignoul, ancienne avocate au cabinet Stibbe, devenue magistrate il y a près de dix ans. L’objet de la demande : l’annulation d’une décision de l’assemblée des actionnaires visant à révoquer l’ex-épouse comme administrateur de la société détenue par son ex-mari. La magistrate a donc deux possibilités (annulation ou pas) mais, dans les deux cas, cela ne correspond pas aux intérêts des deux parties. Elle suggère, dès lors, de faire appel à la médiation. Les parties acceptent et, au terme celle-ci, l’ex-mari écrit une lettre dans laquelle il s’excuse pour la manière dont il a révoqué sa femme de sa société. Ce qui permet enfin de mettre fin à leur litige, la femme n’ayant visiblement pas apprécié la manière initiale dont la séparation s’était passée.

Bienvenue dans le monde de la médiation commerciale. Un monde où il n’est pas uniquement question de chiffres. Un monde où "on va mettre à plat ses émotions, ses souffrances. Où la démarche est profondément humaine", explique Me Pénélope Brochier, jeune avocate chez Alterys, premier cabinet où les associés ont l’obligation statutaire d’avoir un agrément de médiateur.

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