Entreprise Depuis la crise de 2008, la BCE joue les pompiers de service. Mais pour certains, elle sera responsable de la prochaine crise à venir.

Une nouvelle grave crise financière est devant nous. Et ce n’est probablement plus qu’une question de mois. C’est en tout cas la conviction de plus d’un observateur avisé du monde financier. Ne pensons qu’à Georges Ugeux, ex-vice président de la Bourse de New York, spécialiste de la finance internationale et à la tête de Galileo Global Advisors, société spécialisée dans le conseil international. Celui-ci prédit depuis près de deux ans maintenant l’arrivée imminente d’un tsunami financier. Et il fixe une échéance : avant fin 2020. En cause : la hausse vertigineuse des dettes souveraines depuis le début de la crise financière de 2008. Et il n’est pas le seul à prédire le pire. Geert Noels, économiste influent, est aussi de cet avis (lire ci-contre). En France, des personnalités comme Jacques Attali ou François Lenglet, journaliste bien connu des plateaux de TF1 et des studios de RTL, anticipent également un scénario catastrophe dans les mois à venir.

Et pour certains, la Banque centrale européenne (BCE) portera une grosse part de responsabilité dans cette crise à venir. Car en mettant en place depuis dix ans maintenant une politique de soutien - dite de "quantitative easing", marquée notamment par des achats massifs d’emprunts d’Etat et d’obligations d’entreprise dans le but de réinjecter des liquidités dans l’économie -, la BCE a contribué à gonfler son bilan mais a aussi poussé au surendettement les États et les acteurs économiques dans un contexte de taux très faibles, voire négatifs. Un pousse-au-crime, en quelque sorte. Et, selon certains, à terme une réelle menace pour la stabilité du système financier international.

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