Entreprise

La Belgique devrait enregistrer une croissance de 0,2% cette année et un déficit budgétaire de 3,0% du PIB, selon les dernières prévisions économiques de la Commission européenne, présentées vendredi. Le déficit pourrait se creuser à 3,7% si Eurostat décide d'y comptabiliser le soutien à Dexia. Bien que très modérée, la croissance belge sera clairement supérieure à la moyenne de la zone euro, pour laquelle la Commission table sur une contraction de 0,3% du PIB.

En 2014, la croissance devrait atteindre 1,5% en Belgique et 1,4% dans la zone euro.

A politique inchangée, le déficit budgétaire belge atteindra 3,0% du PIB cette année, loin des 2,15% prévus.

Une décision attendue d'Eurostat sur la comptabilisation de la recapitalisation de Dexia pourrait encore aggraver le déficit à 3,7%, note la Commission. Pour l'an prochain, elle table sur une déficit de 3,2%.

"Nous attendons que les autorités profitent du prochain contrôle budgétaire pour prendre des mesures de nature structurelle en sorte d'atteindre l'objectif de 2,15% en 2013 et d'assurer une nouvelle réduction en 2014", souligne la Commission dans un communiqué.

"Si le gouvernement actuel a respecté la trajectoire de consolidation jusqu'à présent, l'effort fiscal réalisé ces trois dernières années risque d'être insuffisant pour atteindre les recommandations du Conseil, sur lesquelles nous basons notre évaluation", précise-t-elle.

Zone euro: récession en 2013, reprise en 2014

La zone euro sera de nouveau en récession cette année, avec une baisse de 0,3% du PIB, et la reprise interviendra en 2014, toujours selon la Commission européenne qui a revu à la baisse ses prévisions.

En novembre, la Commission tablait encore sur une sortie de la récession cette année, avec une très faible croissance de 0,1%. Elle prévoit une reprise seulement en 2014, avec une croissance de 1,4% en zone euro et de 1,6% pour l'ensemble de l'Union européenne.

"La faiblesse de l'activité économique à la fin de l'année 2012 se traduit par un point de départ bas pour cette année", souligne la Commission, qui prévoit une amélioration "graduelle" au cours de l'année 2013.

La reprise sera tirée initialement par la demande extérieure, selon la Commission. "Il est prévu que l'investissement et la consommation intérieures reprennent plus tard dans l'année, et en 2014 la demande intérieure devrait prendre le relais comme principal moteur pour renforcer la croissance", ajoute Bruxelles.

Aggravation du chômage en 2013, au-dessus de 12%

Le chômage va encore s'aggraver dans la zone euro cette année et devrait dépasser les 12% de la population active.

En 2012, il s'est établi à 11,4% de la population active. Il devrait grimper à 12,2% cette année et se stabiliser à 12,1% en 2014, avec des pointes à plus de 25% en Espagne et en Grèce.

La Commission souligne que le marché du travail diffère fortement d'un pays à l'autre et que la majorité des pertes d'emplois doivent se produire dans quelques Etats membres.

Les chiffres sont en effet très contrastés. Le taux de chômage va atteindre 27% cette année en Grèce et 26,9% en Espagne, deux pays durement touchés par la crise et les mesures d'austérité. Il ne décroîtra que très légèrement en 2014, à 25,7% en Grèce et 26,6% en Espagne.

Le chômage sera cette année à 5,7% en Allemagne, 10,7% en France et 11,6% en Italie. Le seul pays à rester en dessous de 5% est l'Autriche, avec un taux de 4,5% prévu en 2013.

Bruxelles prévient qu'un taux de chômage "élevé et persistant porte le risque de devenir structurel en raison de la perte de compétences" des salariés sans emploi.