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Rien que des mauvaises nouvelles sur le front économique ? Pas sûr... La Belgique, fragilisée et facilement décriée, a progressé de quatre places au classement annuel de la compétitivité du "World Economic Forum" (1). Un classement arbitraire, certes, sans lien avec les coûts salariaux, mais qui se fonde sur des données objectives. Après s’être stabilisé entre 2006 et 2010, notre pays est devenu le 15e pays "le plus compétitif au monde", se félicite la Vlerick School, partenaire du WEF. Pour la première fois, sautant quatre places, il surclasse la France et talonne l’Allemagne. C’est le meilleur score décroché en dix ans.

La Belgique doit surtout ce très bon classement à l’"excellence" de ses soins de santé et de son enseignement fondamental. L’enseignement supérieur et la formation sont également à la pointe. Numéro un pour la qualité de ses écoles de management et les formations qu’elles dispensent, notre pays est reconnu pour la "qualité" de ses entreprises et de son infrastructure portuaire. Son développement technologique a la cote. Même au niveau du développement financier et de l’infrastructure, le pays est bien perçu. Seul recul notable : l’efficacité du marché de l’emploi et en particulier son manque de flexibilité. Quant au climat général, il pâtit surtout, aux yeux des entreprises, des rigidités du marché du travail, de la charge fiscale élevée et de la bureaucatie étatique (voir infographie). L’instabilité politique ne semble pas les émouvoir plus que ça...

La Suisse, en tête depuis 2009, reste la championne de la compétitivité... en dépit de la cherté exhorbitante de son franc. Sa première place s’explique par ses bons résultats dans la plupart des domaines de référence : l’innovation, les capacités technologiques, l’efficacité du marché du travail, etc. Ses instituts de recherche scientifique sont aussi parmi les meilleurs du monde, selon le WEF. La Suisse précède Singapour, la Suède, la Finlande et les Etats-Unis qui reculent alors que les pays émergents progressent comme un seul homme. (voir ci-dessous). Au sein de la zone euro, l’Allemagne réalise une performance notable, bien qu’elle recule d’un point. Les Pays-Bas avancent d’une case et la Grèce, qui s’effondre littéralement, se retrouve en 90e position.

"Les réformes visant à augmenter la compétitivité joueront un rôle-clé pour relancer la croissance et s’attaquer aux principaux défis auxquels nous sommes confrontés, la consolidation des finances et le chômage ", conclut le WEF.

P.Lo

(1) www.wef.com ; enquête menée auprès de 14 000 patrons de 142 pays.