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Le fonds de pension public de la Norvège, alimenté par les recettes pétrolières de l’Etat norvégien et pesant quelque 450 milliards de dollars, investit massivement dans des obligations d’Etat grecques mais aussi espagnoles, italiennes et portugaises. Cette stratégie est défendue par le ministre norvégien des Finances, Sigbjoern Johnsen, malgré les risques inhérents à ces investissements. "La question est : Est-ce que l’on s’attend à ce que ces gens ne parviennent pas à payer leurs dettes ?", explique Harvinder Sian, analyste chez RBS. "La Norvège ne table pas là dessus". La nouvelle pourrait sembler banale pour les investisseurs particuliers, mais elle suscite un intérêt très important dans le chef des professionnels de la gestion. Beaucoup de fonds ont de tels emprunts en portefeuille, déprimés ou invendables depuis le début de la crise sur la dette grecque en décembre dernier. Pour rappel, c’est la dégradation de la note de la dette grecque par la société de notation financière Fitch qui avait déclenché ce séisme financier pour le pays. Quelques semaines plus tard, Fitch était suivie par Standard & Poor’s puis par Moody’s, accentuant la pression sur le marché et provoquant une défiance telle vis-à-vis de la dette grecque et même de son économie ,minée par un déficit budgétaire excessif. On le sait, cette situation, qui a même fait peser de lourdes hypothèques sur la survie de la monnaie unique européenne, a nécessité une intervention déterminée de la part de l’Union européenne avec le concours du Fonds monétaire international (FMI). Mais aujourd’hui, alors que la presse financière américaine insiste sur la fragilité de certaines banques européennes lestées d’emprunts grecs, l’action du fonds souverain norvégien vient remettre les pendules à l’heure. Pour ce fonds de pension étatique dont les principes de gestion font office d’exemple à l’échelle mondiale, la décision d’investir dans la dette grecque est sans conteste la preuve d’une analyse dépassionnée de la situation de la Grèce. Qui s’améliore. Comme l’indiquait le ministre des Finances grec George Papaconstantinou dans les colonnes de "La Libre" cette semaine, les paramètres économiques de la Grèce ont évolué dans le sens attendu, avec de premiers effets au niveau du déficit budgétaire. Et, en attendant une prise de position de la part des agences de notation, il y a là d’évidence un signe clair sur l’intérêt financier à acheter ou conserver maintenant de la dette grecque à long terme. P.V.C. (avec Belga)