Entreprise

Un conseil d'entreprise extraordinaire s'est tenu jeudi au siège social de Belgique Loisirs à Ath. Si la direction de la filiale belge du club de lecture France Loisirs n'y a pas annoncé de faillite ou de procédure de licenciement collectif, les comptes et perspectives de l'entreprise font craindre le pire aux représentants syndicaux.

"Nous avons été surpris et soulagés qu'on ne nous annonce pas que c'était fini mais un réviseur d'entreprise et l'avocat de la société étaient quand même présents", explique Rocco D'Amore, permanent CNE.

En effet, depuis 2013, le nombre d'adhérents à Belgique Loisirs a chuté "de manière vertigineuse. Dans les années glorieuses, il y en avait 200.000. Aujourd'hui, c'est 87.000", indique le syndicaliste.

Le chiffre d'affaires est à l'avenant, passant de 38 millions d'euros en 2013 à 19,2 millions en 2017. Environ 120 emplois sont passés à la trappe entre 2013 et 2018. Il ne reste que 150 personnes employées et une dizaine de magasins.

"Et donc, la direction veut réduire la voilure et nous demande de trouver comment mais nous sommes à court d'idées. En 2018, les syndicats avaient déjà accepté la réduction du temps de travail, le chômage économique et des crédits-temps fin de carrière", signale Rocco D'Amore. "Les pistes de la direction sont un licenciement collectif, des départs en RCC (prépension) à 59 ans, une procédure en réorganisation judiciaire afin de tenter d'éviter la faillite ou bien la poursuite du chômage économique pour le personnel." L'ensemble des travailleurs de Belgique Loisirs passe déjà 20% de son temps de travail en chômage économique.

Voilà qui n'augure rien de bon pour l'avenir de Belgique Loisirs. Un nouveau conseil d'entreprise extraordinaire est programmé le 28 janvier. "On ne devrait pas échapper à une procédure Renault", avance Rocco D'Amore.