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Le bio est devenu une tendance lourde, non seulement de la production agricole mais aussi de la consommation. C’est ce qui ressort d’une étude de Biowallonie publiée mercredi.

Quelques chiffres clés du secteur, concernant l’évolution du bio en Belgique entre 2014 et 2015, permettent de se rendre compte de cette évolution. Le chiffre d’affaires du bio représentait l’an dernier 514 millions d’euros, en hausse de 18 % par rapport à 2014. Cette croissance est d’autant plus exceptionnelle, souligne Biowallonie, lorsque l’on considère que les dépenses alimentaires courantes n’ont augmenté que de 1,1 % en 2015. En parts de marché, le bio, c’est 2,8 % (+0,5 %). C’est encore peu mais la progression est constante.

Sans surprise, car les produits bio restent souvent plus chers que les conventionnels, les acheteurs sont plutôt les familles aisées avec enfants mais aussi les célibataires de plus de 40 ans et les pensionnés disposant de revenus confortables. En queue de peloton, on trouve les familles à faibles revenus avec enfants mais cette catégorie a tout de même doublé sa part de marché depuis 2008.

Les Liégeois, grands consommateurs

L’étude de Biowallonie fait apparaître que c’est dans la province de Liège (33 % des ménages) qu’on achète le plus et le plus fréquemment bio puis dans le Hainaut (31 %), la province de Namur (16 %), le Brabant wallon (13 %) et le Luxembourg (7 %).

En 2015, 9 % des familles belges ont acheté des produits bio au moins une fois par semaine et, en moyenne, chaque Belge a dépensé 32,87 euros par an dans de tels achats. Ce sont les produits laitiers qui ont particulièrement la cote avec 6,72 euros dépensés par an et par habitant. Suivent les légumes (5,57 euros), la viande et la volaille (4,73 euros), les fruits (4,40 euros), le pain (2,37 euros), les œufs (1,33 euro), la charcuterie, les pommes de terre, les substituts de viande et de lait (environ un euro).

La palette de produits proposés aux consommateurs compte aujourd’hui plus de 9000 références, soit une augmentation de 6 % par rapport à 2014.

Les supermarchés classiques sont le plus gros canal de distribution des produits bio (42 % du marché) mais leur part diminue chaque année. Les magasins spécialisés se placent en deuxième position (33 %). Les magasins hard discount n’occupent que 6 % du marché mais ont connu une forte progression (+4,8 %) depuis 2008.

Les fermiers s’y mettent

L’engouement pour le bio se marque aussi très nettement du côté des agriculteurs. Ils répondent à la demande des consommateurs et trouvent dans le bio des revenus rémunérateurs en cette période de crise dans le secteur agricole.

La surface agricole utile bio en Belgique a triplé en dix ans et a progressé de 3,1 % entre 2014 et 2015, passant à près de 69 000 hectares (5,1 % de la surface agricole totale). Mais la répartition est disproportionnée entre la Wallonie et la Flandre : 92 % des hectares bio sont au Sud du pays. En Belgique, les fermes bio font en moyenne 40 hectares et, là aussi, la différence est forte entre la Wallonie et la Flandre puisque la superficie des fermes wallonnes est trois fois plus élevée que celle des flamandes.

Plus de 1 700 fermes bio en Belgique

Un peu plus d’un tiers des agriculteurs bio wallons sont localisés en province de Luxembourg où un fermier sur trois est bio. C’est la province de Liège qui enregistre toutefois la plus forte progression en matière de conversion avec, en 2015, 35 nouveaux producteurs. Fin 2015, la Belgique comptait 1717 fermes bio (+5,3 % par rapport à 2014) dont seules 370 se situent en Flandre.

En Wallonie et en matière de production, ce sont les fruits qui tirent particulièrement leur épingle du jeu avec une hausse de 53 % entre 2014 et 2015. Le nombre d’animaux élevés dans la filière bio a, lui, doublé en sept ans et seule la filière porcine est en recul.