Entreprise

Le malaise est de plus en plus profond à la Fnac Belgique. Jeudi matin, les travailleurs du dépôt central d'Evere, qui alimente les six magasins de la société ainsi que tous les Fnac Service, ont non seulement arrêté le travail - comme cela avait été annoncé par surprise mercredi soir - mais ils ont aussi décidé spontanément de bloquer les accès au dépôt.

«Ce mouvement est lié au fait que les employés du dépôt font partie de ceux qui risquent d'être les plus durement touchés par le plan de restructuration que tente d'imposer la direction», explique Zakari Oqbani, délégué Setca. «Non seulement, il y a trois emplois qui sont menacés mais en plus, la nouvelle grille salariale nous est particulièrement défavorable. Certes, il n'y aura pas de baisses de salaires mais au bout de 10 ans d'ancienneté, l'écart entre la nouvelle et l'ancienne grille dépassera les 500 euros bruts par mois».

Huissiers au dépôt?

A priori, le blocage du dépôt devrait se poursuivre ce vendredi, la direction de la Fnac Belgique se montrant toujours aussi intraitable sur sa volonté de revoir en profondeur - et à la baisse - la grille salariale. «Nous sommes par contre prêts à discuter des autres volets de notre plan de relance et nous regrettons dès lors que cette action se déroule avant même les négociations prévues normalement pour mercredi prochain», dit Ann De Heyn, la porte-parole de la direction de la Fnac Belgique. Et celle-ci de préciser que la société va sans doute aller en justice si le blocage du dépôt se poursuit ce vendredi.

Voilà qui ne devrait pas améliorer l'ambiance déjà glaciale entre direction et syndicats. Reste à voir maintenant quelle attitude va adopter le personnel des magasins. Ce jeudi, les grévistes d'Evere ont en effet été rejoints par une vingtaine d'employés de la Fnac de Bruxelles et ce vendredi, des réunions d'information sont organisées par les syndicats notamment à Gand, à Louvain et à Liège.

Incompréhension et peur

Pour Françoise Sensi, permanente CNE, le mouvement pourrait s'étendre rapidement si la direction continue à mettre de l'huile sur le feu. «Vu l'importance du conflit au dépôt et la position intenable de la direction, qui dit que son plan est à prendre ou... à prendre, je suis assez pessimiste quant à la suite des négociations et je pense que la réunion de mercredi prochain est menacée», dit-elle.

Les employés sont en réalité partagés entre une incompréhension de l'attitude de la direction - Denis Olivennes, le grand patron de la Fnac, est venu en Belgique vendredi dernier au moment même où les représentants syndicaux de la filiale belge étaient à Paris! - et la crainte de perdre leur emploi. «On ne peut pas continuer à travailler dans des conditions pareilles», dit l'un d'entre eux.

© La Libre Belgique 2005