Entreprise

Vendredi, ce fut au tour d'ING d'être la valeur bancaire la plus attaquée sur les marchés européens. L'action a perdu 27 pc pour tomber à 7,34 euros sur Euronext Amsterdam.

Dès la matinée, le titre a plongé en raison de rumeurs d'augmentation de capital alimentées par l'étude d'un analyste mettant en doute la capacité du groupe à payer un dividende. Selon d'autres rumeurs, le groupe aurait fait appel au plan de sauvetage mis en place par les autorités néerlandaises.

Face à ce nouveau vent de panique, le groupe néerlandais présidé par le Belge Michel Tilmant a décidé de publier (après la clôture de la Bourse) ses résultats du troisième trimestre de manière anticipée, à l'instar de ce que KBC avait fait deux jours plus tôt. Les résultats définitifs seront connus le 12 novembre.

Importantes provisions

Le groupe néerlandais affiche une perte de l'ordre de 500 millions d'euros. Il a dû provisionner un montant de 1,6 milliard d'euros sur son portefeuille d'actions et d'obligations ainsi que 1,5 milliard sur des produits dérivés du type CDO (collateralized debt obligations).

Dans un communiqué, Michel Tilmant a toutefois voulu se montrer rassurant. "Les récents développements observés sur les marchés financiers sont sans précédent , mais le modèle d'ING est sain et les performances commerciales du groupe solides, ce qui ne veut cependant pas dire que nous sommes immunisés à l'environnement extérieur... La crise prend de l'ampleur et même les entreprises en bonne santé sont en train d'en sentir les effets négatifs" , souligne-t-il.

D'après Bertrand Veraghaenne, analyste chez Petercam Asset Management, ING souffre de deux éléments : il s'agit "d'une société bien capitalisée mais cela pourrait être considéré comme insuffisant dans l'environnement actuel" . Deuxième point défavorable : l'agence de notation Moody's a revu à la baisse la notation du papier dit "Alt A" (prêts titrisés d'une qualité juste moins mauvaise que le "subprime") pour un montant de 220 milliards dont 20 milliards concernent ING.