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Largement dominée par le sommet du G20 qui a jeté les bases d’un "nouvel ordre économique mondial" et s’est employé à restaurer la confiance, la semaine a été marquée par un recul historique de l’inflation qui n’a donné lieu à aucun tapage médiatique.

En zone euro, les chiffres parlent d’eux-mêmes. La hausse des prix s’est fortement ralentie en mars, à 0,6 pc sur un an. Ce chiffre est inédit depuis la création de la statistique en 1996. Il témoigne d’une nette contraction par rapport à février quand les prix à la consommation avaient augmenté de 1,2 pc contre 1,1 pc en janvier. L’été dernier, on s’en souvient, l’inflation caracolait aux alentours de 4 pc sous l’effet de la flambée des prix du pétrole (147 dollars le baril) et des matières premières.

Le phénomène est identique en Belgique où l’inflation s’est établie à 0,62 pc sur un an en mars, son plus bas niveau depuis dix ans. Pour trouver un seuil inférieur, il faut remonter à décembre 1968 (0,59 pc). Un pic a été atteint également l’été dernier avec une inflation de 5,91 pc, un record depuis 24 ans.

Le taux d’inflation s’éloigne de plus en plus - dans le bon sens - de l’objectif fixé par la Banque centrale européenne qui vise sur le moyen terme une hausse des prix de 2 pc. La BCE y a vu un argument supplémentaire pour réduire davantage le loyer de l’argent. Le principal taux directeur de la zone euro a été réduit d’un quart de point jeudi, à 1,25 pc. Depuis octobre, il a baissé à six reprises. Il pourrait encore être un peu réduit à l’avenir, a déclaré le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet.

Manifestement, le banquier central a gardé quelques munitions pour l’avenir. Selon les observateurs, il s’est donné du temps pour mettre au point un plan de mesures "non conventionnelles" pour stimuler l’économie, dans le droit fil du sommet du G20 qui a montré la voie de façon spectaculaire.

Risquons-nous de connaître la déflation, soit une période prolongée de baisse des prix néfaste pour l’activité économique, pendant laquelle la politique monétaire classique se montre inefficace ? Il ne faut pas dramatiser.

Si les prix sont censés reculer encore sensiblement dans les mois qui viennent, au point d’afficher des scores négatifs cet été, une remontée est prévisible lors de la sortie de crise, induite par les politiques de liquidités actuelles. Les plans de relance et le recours à la planche à billets sont également générateurs d’inflation, c’est clair.

Pour l’heure, le pouvoir d’achat est le grand gagnant de l’opération ! Les salaires et les barèmes fiscaux ont été indexés deux ou trois fois, et le panier de la ménagère s’allège. On ne rêve pas !