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ÉCLAIRAGE

Les risques de guerre commerciale entre l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis ont toujours donné des sueurs froides aux entreprises belges. C'est que la Belgique est très dépendante de son commerce extérieur et que les Etats-Unis représentent son cinquième client (derrière l'Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni), mais son premier en dehors de l'Union européenne (UE).

Certes, le marché américain n'accapare que quelque 7 pc du total des exportations belges (soit, en valeur, près de 18 milliards d'euros en 2002) mais, comme le souligne un diplomate belge, «c'est un marché stratégique et de référence, au niveau technologique notamment, et qui présente un potentiel important vu sa taille et sa flexibilité».

Le spectre d'un nouveau bras de fer Europe/USA ne laissent pas de marbre nos exportateurs; ils ont encore en mémoire les mesures de rétorsion imposées, début 1999, par les autorités américaines dans le cadre de ce que l'on avait appelé «la guerre de la banane». A l'époque, 7 pc des denrées européennes visées étaient «made in Belgium». Seuls quatre pays (la France et son fameux Roquefort, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni) avaient été plus touchés. Parmi les principales victimes belges: les biscuits et les gaufres, la Belgique étant alors le premier exportateur européen de ce type de délicatesses outre-Atlantique. Les Etats-Unis avaient alors décidé d'imposer un droit de douane de 100 pc par rapport à la valeur du produit.

Dans un autre différend, celui du «boeuf aux hormones», les Américains avaient aussi menacé de frapper un autre fleuron de l'industrie alimentaire belge, les chocolats.

Bref, les Belges ont de quoi être échaudés. D'autant que, si nouvelle guéguerre il y a, les Américains pourraient se souvenir avec insistance du «petit froid» jeté sur les relations diplomatiques belgo-américaines, suite au conflit irakien et à l'épisode de la loi de compétence universelle. Les experts belges du commerce extérieur sont bien en peine d'expliquer s'il y a un lien de cause à effet. Mais toujours est-il que les exportations belges à destination des Etats-Unis (constituées essentiellement de diamants, produits chimiques, matériel de transport...) ont chuté de... 17 pc au cours des 8 premiers mois de l'année. Rappelons toutefois que 2002 avait été un excellent cru pour l'export belge au pays de l'Oncle Sam et que l'ensemble de nos exportations a reculé, entre les mois de janvier et août.

Du côté belge, on ne croit cependant pas que la Belgique pourrait être touchée dans le cas d'un nouveau conflit transatlantique. «Nous avons la chance d'être petit. Si les Etats-Unis prennent des mesures de rétorsion, ils viseront en priorité quelques gros pays et quelques-uns de leurs produits emblématiques pour arriver au montant de compensations conforme au préjudice qu'ils ont évalué», estime le diplomate.

© La Libre Belgique 2003