Entreprise

Plusieurs partis ont appelé hier à revoir à la baisse la prime de départ des parlementaires. Ci-dessous, huit exemples de parachutes très dorés dans les entreprises de service public de notre plat pays. Du plus "petit" au plus gros...

Jo Cornu

232 000 €

Le nouveau patron de la SNCB (étiqueté CD&V mais proche du SP.A Johan Vande Lanotte) ne gagnera plus "que" 290 000 euros car les salaires des top managers publics ont été plafonnés par le gouvernement fédéral. Toutefois, Jo Cornu, qui a passé une carrière au top dans le privé (ancien patron d’Agfa-Gevaert, entre autres), veut garder les mandats d’administrateur qu’il détient dans plusieurs entreprises. En 2012, ces mandats lui ont rapporté 232 000 euros. Le ministre Labille a demandé au comité de gestion de la SNCB de décider si cette situation est acceptable ou non.

Stefaan De Clerck

270 000 €

L’ancien ministre de la Justice CD&V pensait toucher sa prime d’ex-parlementaire (270 000 euros) sans faire de vagues. Mais, puisque le gouvernement fédéral lui a trouvé un job en or comme président du conseil d’administration de Belgacom, ses indemnités ont créé un "buzz". Après un moment d’hésitation, Stefaan De Clerck a finalement déclaré qu’il allait consacrer cette somme à soutenir des initiatives culturelles et sociales. Hier, le président du CD&V, Wouter Beke, a réclamé de nouvelles règles claires au sujet des primes de sortie des parlementaires.

Stéphane Moreau

588 000 €

Le salaire du patron de Tecteo (groupe constitué autour d’une intercommunale liégeoise et qui détient Voo, BeTV, etc.) n’est pas connu clairement. La question a été soulevée à l’occasion de la polémique qui a suivi l’annonce du rachat des Éditions de l’Avenir par Tecteo et qui a pris de court le monde politique. La transparence des structures du groupe dirigé par Stéphane Moreau (PS) fait l’objet d’un débat. De même que sa rémunération réelle que l’on dit très avantageuse. On parle de 588 000 euros. En tout cas, c’est bien au-dessus du plafond prévu au fédéral.

Jean-Claude Tintin

700 000 €

Le patron non reconduit de Belgocontrol (société publique en charge du contrôle du trafic aérien) demande des indemnités qui s’élèvent à environ 700 000 euros. Il estime que sa non-reconduction à la tête de l’entreprise équivaut à une rupture unilatérale de son contrat à durée indéterminée. Le secrétaire d’État à la Mobilité, Melchior Wathelet, avait appelé le CEO à renoncer à son parachute doré au nom de l’éthique. Chez Belgocontrol, Jean-ClaudeTintin (PS) a gagné en 2012 une rémunération fixe de 260 000 euros, augmentée d’une partie variable de 50 000 euros et d’autres avantages.

Jannie Haek

750 000 €

C’est l’exception qui confirme la règle : Jannie Haek (SP.A) perd son poste à la tête de la maison-mère du groupe SNCB (la SNCB Holding) et est recasé à la Loterie nationale. Mais, contrairement à Descheemaecker, il a annoncé qu’il renonçait à sa prime de départ de 750 000 euros. " Pas un de mes cheveux n’a pensé à prendre cette indemnité de départ ", avait-il déclaré non sans un certain humour… Il faut dire qu’il gagnait tout de même 512 000 euros par an au sein de l’entreprise ferroviaire. Il n’en gagnera plus que 290 000 à la Loterie.

Marc Descheemaecker

900 000 €

L’indemnité de départ de Marc Descheemaecker (Open VLD), futur ancien patron de la SNCB, s’élève à la somme énorme de 900 000 euros… Pourtant, le gouvernement fédéral lui a trouvé une occupation plus qu’intéressante comme président du conseil d’administration de Brussels Airport. Le ministre des Entreprises publiques, Jean-Pascal Labille, l’a appelé à renoncer à sa prime contractuelle de départ puisqu’il hérite d’une autre fonction publique. Mais, Marc Descheemaecker semble vouloir passer outre et empocher le jackpot.

Johnny Thijs

1,1 million€

Le patron de Bpost a été clair : il ne veut pas diriger l’entreprise publique pour 290 000 euros, c’est-à-dire le plafond auquel le gouvernement fédéral veut fixer les rémunérations des top managers. Il faut dire que le salaire de Johnny Thijs chuterait lourdement puisqu’il est actuellement de 1,1 million d’euros par an. Mais il a précisé qu’il était " prêt à faire un effort ". Une source proche du dossier confirme que l’équipe d’Elio Di Rupo sait bien qu’elle n’arrivera pas à diminuer aussi radicalement le salaire du CEO de Bpost, une entreprise soumise à la concurrence.

Didier Bellens

2,5 millions €

Si le gouvernement fédéral sait qu’il n’arrivera pas à raboter le salaire du patron de Bpost à 290 000 euros, a fortiori, c’est aussi le cas pour Belgacom. Le dirigeant de la société de télécoms à capital public est encore plus élevé : 2,5 millions d’euros environ. Mais Belgacom est cotée au Bel20, est soumise à un environnement hyper-concurrentiel… Comment débaucher un patron de haut vol pour le même salaire que ce que percevra, par exemple, le futur patron de Belgocontrol ? La question est difficile à trancher. L’État fédéral devrait exiger tout de même une diminution salariale.