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Il y avait les sept péchés capitaux bien connus des catholiques, voici maintenant les sept péchés des banques. C’est l’eurodéputé Ecolo Philippe Lamberts qui les a identifiés et a pris l’initiative de créer un site (www.pechesbancaires.eu) dont l’auteur est son conseiller parlementaire, Gaspard Denis.

Sur ce site, il n’est point question d’orgueil, d’avarice ou de luxure, mais de mégalomanie, de toxicomanie ou de perversion. Sur le ton de l’humour, Philippe Lamberts a voulu faire un "travail de pédagogie" sur les problèmes du secteur bancaire si criants en ces temps de crise financière. "Il ne faut pas prendre l’initiative pour plus que ce n’est, a expliqué l’eurodéputé hier lors d’une rencontre avec la presse.

Certains péchés comme la cupidité des dirigeants paraissent évidents et sont d’ailleurs illustrés comme à chaque fois chiffres à l’appui. D’autres demandent davantage une explication. Comme le vampirisme, où les auteurs fustigent la tendance des banques à sucer l’argent des Etats, ou encore la fourberie, par laquelle les banques utilisent "une multitude de subterfuges pour maquiller leurs comptes ou échapper à l’impôt".

Philippe Lamberts et les concepteurs du site - qui sera régulièrement mis à jour - ne se sont pas contentés d’identifier ces péchés, ils les ont aussi mis à "l’épreuve de la réalité" . En clair, ils ont voulu voir quelles sont les banques les plus vertueuses ou celles qui le sont le moins, c’est selon. Ils se sont basés sur un échantillon de groupes bancaires basés en Belgique avec un bilan supérieur à 10 milliards d’euros. Toutes les données reprises sur le site ont été retirées des rapports annuels.

Sur la base d’une série de critères "très subjectifs", admet Philippe Lamberts, le site établit une cote où les groupes Deutsche Bank et BNP Paribas sont les plus mal classées (voir infographie). En revanche, Triodos et Bank van Breda (institution du groupe flamand Ackermans & van Haaren spécialisée dans le financement aux petites entreprises et aux indépendants) répondent parfaitement aux critères. "Il y a encore des gens qui connaissent leurs clients et qui savent à qui ils prêtent", commente Philippe Lamberts qui ne manque pas de souligner, dans la foulée, que "ce n’est pas un site payé par Triodos ou Breda "

En faisant ce travail, il espère donc conscientiser les clients. "Si votre banque est active dans les paradis fiscaux, quittez-la!" lâche-t-il. Mais l’eurodéputé espère aussi lancer un mouvement auprès certaines associations. "C’est un appel du pied à Finance Watch." De plus, selon lui, ce genre d’ONG a l’avantage de ne pas être "suspect" alors qu’on pourrait soupçonner les eurodéputés d’avoir en tête les élections prévues dans deux ans.

Pour le moment, il s’agit aussi d’une initiative belgo-belge, qui a été financée par les deniers disponibles pour l’animation politique (soit 30 000 euros). "C’est financé avec mon budget", insiste l’eurodéputé. Qui voudrait néanmoins en parler avec ses collègues européens pour en faire une version européenne alors que la traduction du site en néerlandais est en préparation.