Entreprise

La décision était attendue avec crainte, elle est finalement tombée ce mardi en début d'après-midi. 60 équivalents temps plein, sur un total de 280 travailleurs, devraient disparaître aux Editions de l'Avenir (voir tous les détails ici). Ces emplois relèvent essentiellement des services rédactionnels et commerciaux. Selon la direction, aux mains du groupe Nethys, ce licenciement collectif vise à garantir le futur de l'éditeur du journal.

La première phase d'information et de consultation de la procédure Renault démarrera cette semaine avec les représentants du personnel. "Ce n'est qu'à l'issue de cette procédure légale qu'une décision définitive sera prise quant au nombre d'emplois affectés par ce licenciement collectif", précise la direction.

Dans un communiqué commun, les représentants du personnel, la Société des rédacteurs et l'AJP évoquent un "gâchis" et leur "consternation". "La tempête qui a secoué notre actionnaire fait de premières victimes. Mais pas celles que l'on croyait. C'est au sein même d'un journal quotidien, et du deuxième groupe de presse francophone, que des têtes roulent. C'est en vain que les représentants du personnel ont interpellé durant des mois les administrateurs de Publifin et de Nethys, sur leurs responsabilités en tant que patrons de presse."

Pour l'heure, le personnel va déposer un préavis de grève (avec délai légal de deux semaines). Les journalistes vont également manifester leur désaccord en ne remplissant que 75 % des pages des journaux de ces mercredi et jeudi. Ils laisseront donc 25 % de carrés blancs, soit la proportion de travailleurs licenciés. La Libre a appris que si la direction devait s'opposer à cette action, le personnel prévoit de bloquer la sortie du journal.

Une nouvelle réunion entre personnel et direction est prévue vendredi.

"Retirer l'Avenir des mains de Nethys"

Suite à l'annonce de la direction, Ecolo a réclamé que les Editions de l'Avenir soient retirées des mains de Nethys. Les écologistes ont rappelé le consensus politique exprimé dernièrement au Parlement de Wallonie. Selon Stéphane Hazée, chef de groupe Ecolo, "PS, MR, CDH et Ecolo avaient alors pris position pour extraire les Editions de l'Avenir de Nethys, par exemple à travers un portage temporaire de la Région. Il s’agissait de pouvoir construire sereinement une perspective de développement permettant de garantir le maintien de plusieurs médias indépendants et l'emploi".