Moscheni: «Mobistar peut faire mieux»

MATHIEU VAN OVERSTRAETEN Publié le - Mis à jour le

Entreprise

ENTRETIEN

Mobistar a un nouveau patron depuis trois mois. Un Français prénommé Bernard a succédé à un autre puisque Bernard Moscheni, qui dirigeait jusqu'ici Orange Roumanie, a remplacé Bernard Ghillebaert, appelé à de plus hautes fonctions au sein du groupe Orange. Mais l'analogie s'arrête là, tant les styles des deux hommes paraissent différents. Alors que Ghillebaert était un technicien brillant mais réservé, Moscheni est d'un naturel plus expansif et plus commercial. Il se définit d'ailleurs comme «le premier vendeur de Mobistar».

Votre style de management sera-t-il très différent de celui de votre prédécesseur?

Chaque leader a sa personnalité bien sûr, mais je dirais que j'ai un style très direct. Je définis clairement les responsabilités de chacun et je donne des objectifs clairs à atteindre.

Justement, quels sont vos objectifs pour Mobistar?

Mon but est de mettre en place une politique clients plus poussée. Bien sûr, la société a toujours fait du très bon travail et nos clients sont globalement satisfaits et fidèles mais si nous voulons continuer à croître, il faut que nous les incitions à découvrir des services qu'ils n'utilisent pas encore. Je pense à des applications telles que Banxafe, à la consultation d'informations ou de bulletins météo, au téléchargement de sonneries et de chansons, aux SMS ou tout bêtement à la voix. En Belgique comme ailleurs, les gens téléphonent toujours relativement peu. Ce qui me frappe aussi chez les utilisateurs belges est qu'ils gardent très longtemps leur vieux GSM, ce qui les empêche d'utiliser une série de nouveaux services. Nous devons travailler là-dessus. Je suis persuadé que Mobistar peut faire encore mieux.

Avez-vous un objectif précis en termes de part de marché?

Je pourrais vous répondre que je veux atteindre les 40 pc dans les deux ans mais cela ne voudrait pas dire grand-chose. J'accorde plus d'importance à la valeur des clients qu'à leur nombre. Cela dit, je trouve tout de même qu'on s'est sans doute trop focalisé sur les clients qui rapportent beaucoup. Selon moi, on ne doit pas s'exclure ainsi de certains marchés. On doit accentuer notre présence sur les segments des clients à plus faibles revenus, tel que le marché des jeunes et des étudiants par exemple.

Vous n'avez pas évoqué le MMS parmi les nouveaux services que vous voulez pousser...

De manière générale, on peut constater que le MMS n'a décollé dans aucune des filiales du groupe Orange, pas plus en Belgique qu'ailleurs. Je crois que c'est lié aux problèmes de compatibilité de réseaux et de terminaux d'une part, mais aussi à un niveau de prix sans doute trop élevé. Là aussi, nous allons devoir y travailler.

Est-ce qu'une politique clients renouvelée passe aussi par un changement de marque?

Je sais qu'il y a beaucoup de spéculations sur le fait que j'aurais l'intention de transformer Mobistar en Orange. C'est normal dans la mesure où, lorsque j'étais en Roumanie, c'est moi qui ai géré le passage de Mobilrom à Orange Roumanie. Mais les deux marchés ne sont pas du tout comparables. En Roumanie, le GSM est encore en plein développement et Mobilrom n'était que le numéro trois au moment du changement de nom. En Belgique par contre, le taux de pénétration du GSM dépasse les 80 pc et Mobistar est une marque bien établie depuis huit ans. Il appartiendra aux actionnaires de la société de décider mais une chose est sûre: France Télécom ne m'a pas confié la mission de changer le nom de Mobistar en Orange. Mais si les gens continuent à spéculer sur ce scénario, tant mieux: cela fait monter notre cours de Bourse. Et je dis cela en précisant que je n'ai pas d'actions!

© La Libre Belgique 2005

MATHIEU VAN OVERSTRAETEN

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