Entreprise

Ce vendredi, la Société générale de Belgique absorbera sa filiale Tractebel. La nouvelle entité fusionnée s'appellera Suez-Tractebel. Rideau donc sur la Générale après 181 ans de bons et loyaux services. « Il s'agit d'une opération de simplification qui ne change rien à l'organisation opérationnelle du groupe », a prévenu Gérard Mestrallet, patron du groupe Suez.» Cette mutation est dans la logique d'une évolution programmée et activement mise en oeuvre. Elle ne fait que confirmer une nouvelle réalité que j'observe sereinement », a renchéri Etienne Davignon, président honoraire de la Société générale de Belgique (La Libre Entreprise du 30/10).

De la parole aux actes, il n'y a qu'un pas. Trois conseils et deux assemblées auront lieu ce vendredi matin à la Place du Trône et au 30 rue Royale. Ils seront suivis d'un déjeuner entre les membres franco-belges des conseils d'administration concernés. Les dirigeants de Suez n'ont tenu à donner aucune publicité à l'événement. «Il n'y a aucune raison. Il s'agit d'une opération strictement juridique, technique et tout à fait classique », disent-ils. Tout au plus le groupe communiquera-t-il la liste des membres du nouveau conseil ainsi constitué sous la présidence de M. Mestrallet.

Commentaire de François Poullet, analyste chez ING: « Suez a voulu simplifier ses structures, ce n'est pas plus compliqué que cela. Tous ces holdings intermédiaires ne sont pas justifiés. Cela coûte de l'argent d'avoir trente-six filiales! Suez est pleinement opérationnel alors que la SGB n'avait plus de rôle bien spécifique ».

Tout le monde semble donc se faire à l'idée. Sauf, bien entendu, les Belges attachés à une institution qui a marqué l'histoire économique du pays et qui s'en va ainsi sur la pointe des pieds. On aurait tort de les considérer comme une poignée de nostalgiques attardés! Sauf également ceux qui s'élèvent contre cet « assassinat juridique » de Tractebel et qui voient dans l'opération le « dernier coup de Suez ». Le groupe français a-t-il voulu démanteler le dispositif de corporate governance mis en place par Philippe Bodson comme ils l'affirment?« Cela traduit une réaction émotionnelle que je comprends d'autant moins que ce qui se passe est une conséquence directe de l'OPE et de la suprématie du pôle «énergie» décidée en 1996 », répond sereinement Guy Dellicour, porte-parole. « L'énergie n'a jamais été aussi présente dans Suez. Ce groupe est jeune. Il a mis six ans avant de fusionner Tractebel et la SGB. Il n'a pas forcé les portes. L'intégration est aujourd'hui une réalité », conclut-il.

© La Libre Belgique 2003