Night and Day souffle ses dix bougies

M.Bs. Publié le - Mis à jour le

Entreprise

C'est l'étonnante histoire de trois copains. En 1993, leur diplôme universitaire en poche, ils rêvent de créer ensemble quelque chose. Respectivement licenciés en sciences éco, en droit et en communication sociale, Philippe Clinet, Vincent Dardenne et Jérôme Giraud se lancent d'abord dans la création d'événements.

C'est l'été de toutes les ambitions. Ils participent à plusieurs festivals et louent des locaux pour y installer leurs bureaux. Afin de rentabiliser leur affaire, ils ont l'idée d'ouvrir un magasin dans la partie commerciale de la surface dont ils disposent, à front de rue.

Le concept: un commerce de proximité qui collerait au maximum avec les besoins des clients, y compris dans ses heures d'ouverture, plus étendues qu'ailleurs (à partir de 6 ou 7 heures et jusqu'à 1 heure du matin, si la clientèle le demande). C'est la naissance du premier Night and Day, à Namur.

Réinvestissement

La chaîne en compte aujourd'hui vingt à Bruxelles et en Wallonie, réalise un chiffre d'affaires annuel de près de 25 millions d'euros (de nombreux produits ne leur offrent qu'une très petite marge bénéficiaire, mais tout de même...) et tourne avec une centaine d'employés dont dix à l'administration.

A l'époque, chacun des partenaires a mis 100000 BEF dans l'aventure et très rapidement, se réjouit des premiers succès. «Enfin cela nous semblait tel à l'époque. Aujourd'hui, on se rendrait bien compte que cela ne marchait pas si bien que cela!», remarque Philippe. Mais les garçons d'alors sont peu exigeants. Ils peuvent encore se permettre de vivre sans salaire et réinvestissent systématiquement le moindre sou gagné. «Il a fallu attendre six mois pour nos premières paies. Et encore, elles n'étaient que de 10 ou 20000 FB!», se souvient-il.

Franchise et marque propre

Toujours est-il que le trio s'amuse. Organisation de quelques événements d'un côté, gestion du shop de l'autre, l'équipe aime tellement entreprendre qu'elle trouve encore le temps et l'énergie pour, notamment, reprendre un bistrot et une fiduciaire. En 1997, un deuxième Night and Day ouvre ses portes à Salzinnes. «Il a démarré très fort. Nous avons alors décidé de nous concentrer sur les magasins», explique Vincent. «Au début, on en a ouvert un de plus par an.» En 1999, un système de franchise est mis en place, conduisant à l'inauguration annuelle non plus d'une mais de trois nouvelles adresses. Cinq, même, ces deux dernières années! «C'était une bonne idée», jugent-ils aujourd'hui. Mais qui a aussi su s'adapter à la demande, en dix ans, notamment au niveau de l'assortiment proposé.

«Récemment, nous avons beaucoup développé notre rayon presse», pointe-t-il. «Nous proposons également la billetterie pour certains concerts et le développement photo. Le marché évolue. Les gens ont pris l'habitude de venir dans nos commerces.» En vente également, une bière, du café et du vin en marque propre. «Ce n'est pas un objectif prioritaire, mais si l'occasion se présente, pourquoi pas?»

Tout est pourtant loin d'être rose pour les jeunes patrons. Leur bête noire: la réglementation sur les heures d'ouverture des commerces. «Elle nous oblige à choisir entre le jour et la nuit.» Impossible, l'extension d'horaires constituant précisément l'originalité de leur commerce! «Cette épée de Damoclès qui pend au-dessus de nos têtes nous empêche d'avancer, de décrocher certains crédits», relèvent-ils, même si aucune stratégie n'est vraiment arrêtée. «L'idée est avant tout de bien gérer les personnes qui travaillent avec nous, de maintenir la structure et de faire évoluer le concept.» Le trio se sent incompris et, dans un premier temps, revendique seulement de pouvoir se faire entendre afin d'expliquer les spécificités de leur groupe, ni vraiment épicerie, ni vraiment night shop.

© La Libre Belgique 2003

M.Bs.

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