Entreprise

Crise ou pas crise, chaque année, un parc de loisirs se doit d’investir. La cible n’est, en effet, pas extensible à l’infini et, pour faire revenir les visiteurs à un rythme plus ou moins rapproché, il faut leur proposer du neuf. 2009 n’échappe pas à la règle, même si tous les parcs n’y ont pas accordé la même énergie et les mêmes moyens.

Le groupe Plopsa a ainsi investi plus de 7 millions d’euros cet hiver : 6 à La Panne, un à Coo et 300 000 € à Hasselt. "Je n’ai donc pas à m’inquiéter du taux de fréquentation de cette année", sourit Steve Van den Kerkhof. D’autant que le gros de ce lourd investissement était destiné à des attractions. Dont, à La Panne, des montagnes russes de grande ampleur : "90 km/h et trois tours la tête en bas." A Coo, il s’agit de deux nouvelles attractions pour les plus petits. "On a également adapté Plopsa Coo à une fréquentation grandissante", ajoute Steve Van den Kerkhof. "Ainsi, pour diminuer le temps d’attente, on a acheté des sièges pour le téléphérique et des luges. Quand nous avons acquis le parc en 2006, il n’y avait pas plus de 5000 visiteurs les jours de grosse affluence. En 2008, nous avons quelque fois frisé et passé la barre des 10000 !"

Bobbejaanland fait également cette année dans le neuf, et le "très spectaculaire", en "première mondiale" de surcroît : un King Kong de 12 mètres de haut balance un wagon de passagers au-dessus de sa tête Investissement : 1,2 million d’euros.

Première mondiale aussi pour Paradisio qu’il aimerait, lui, inaugurer. On se souvient que, pour cause de construction sans permis, le parc avait arrêté le chantier de son jardin indonésien (dont coût : 8 millions d’euros), alors qu’"il restait deux fois rien à faire pour le rendre accessible", explique Eric Domb. "On ne peut pas s’offrir le luxe de reporter l’ouverture un an de plus, mais dans le même temps, ce serait irresponsable de l’ouvrir sans autorisation. On a donc introduit une demande spéciale auprès de l’administration, qui, je l’espère, sera entendue. On a prévu une inauguration officielle entre le 14 et le 20 mai, en présence de membres des gouvernements indonésien et balinais. C’est dire qu’on est sous pression." La rudesse de cet hiver ("15 jours de gel terrible") a, par ailleurs, obligé Paradisio à investir dans le remplacement d’arbres. "Chaque année, on prévoit un budget pour ce genre de dégâts, mais ici, les pertes sont plus exceptionnelles et fort lourdes. De très beaux arbres n’ont pas supporté les conditions climatiques."

De son côté, Bellewaerde affiche pour cette saison deux nouveaux films en 4D et le renouvellement complet d’un de ses snacks.

Un nouveau concept de communication, basé sur 7 attractions phare, pour Walibi mais pas de nouvelle attraction cette année après l’échec de Vertigo, "attraction unique au monde" à mi-chemin entre un téléphérique et des montagnes russes, qui devait être accessible en 2006, et qui l’a été une quinzaine de jours en 2008 avant d’être fermée et démontée. Motif : elle n’a pas satisfait les objectifs en termes de débit par heure. "Un compromis tout à fait acceptable a été trouvé avec le constructeur autrichien", insiste Fernando Medroa, "et nous n’avons pas perdu d’argent". Le coût de l’attraction au départ s’élevait à 5 millions d’euros Reste que la "mise sur le marché" d’une attraction prend quelques années "On va continuer à innover", dit le directeur, "et il faut savoir prendre des risques pour être innovateur et unique." Et le rester, même en temps de crise. Alors, à quand la nouveauté suivante ? "On en est au stade de l’étude à l’heure actuelle."