Entreprise

Que pensez-vous de la polémique autour du salaire du patron de Bekaert, qui a augmenté de 30 % alors que le groupe va supprimer 600 emplois en Belgique ? En cette période d’austérité, les patrons donnent-ils le bon exemple ?

Dans ce débat, je vois difficilement comment on va pouvoir rallier les opinions des différentes parties en présence. C’est sûr que le salaire d’un patron est souvent élevé par rapport au salaire moyen. Comme peut l’être celui d’un sportif de haut niveau. C’est d’ailleurs étonnant de voir que personne ne se préoccupe du salaire des sportifs. Il y a donc une approche un peu différente qui continue à m’interpeller.

Oui, mais le champion de tennis n’est pas à la tête d’une entreprise éventuellement en restructuration.

A contrario, vu les responsabilités, c’est peut-être normal d’avoir un salaire élevé. Je n’irai donc pas plus loin. D’autant que je me souviens des déclarations maladroites de certains ex-dirigeants qui se comparaient à des sportifs. Quand on regarde les salaires de patrons en Belgique, ils sont élevés en valeur absolue mais inférieurs à ce que l’on voit à l’étranger pour le même genre de job. Je ne pense donc pas qu’il y ait une exagération. Et puis, le dirigeant d’une entreprise privée ne décide pas lui-même de son salaire. Il n’a même pas voix au chapitre. C’est le conseil d’administration qui le fait sur base de rapports d’experts et de comparaisons internationales. Dans le cas de Bekaert, la décision de licencier du personnel date de début 2012 et la rémunération est liée à des performances antérieures. Je ne pense pas que le conseil d’administration a fait une faute technique. A-t-il fait une erreur de jugement ? Sans doute. Ce que je peux vous dire c’est que chez Delhaize, étant donné le contexte économique, l’ensemble du comité exécutif a proposé au conseil, qui s’est empressé d’accepter, de réduire nos rémunérations variables de 50 % pour 2011 et de n’accorder aucune augmentation y compris l’indexation pour 2012.

Une décision qui est aussi du marketing…

Non, si ça avait été le cas, on en aurait fait un communiqué de presse. Et on aurait pu le faire. Cette décision est inscrite dans le rapport annuel. Mais même ceux qui l’ont lu ne l’ont pas reprise. Moi, cela m’aurait plu évidemment...

Retrouvez l'intégralité du double entretien - économique et sportif - que Pierre-Olivier Beckers, patron de Delhaize et du Commité olympique belge (COIB), a accordé à Libre Belgique dans votre journal de ce mercredi. Les thèmes abordés : l'actualité politique et sociale, la concurrence dans le secteur de la distribution, l'indexation des salaires, mais aussi les Jeux Olympiques, les querelles communautaires,...