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Wall Street a enregistré sa pire séance de l'année jeudi, son indice phare le Dow Jones chutant de plus de 2% après l'évocation par la banque centrale américaine (Fed) d'un possible ralentissement de son soutien massif à l'économie.

Selon des résultats définitifs, le Dow Jones Industrial Average a abandonné 2,33% ou 352,11 points à 14.760,08 points.

Il faut remonter au 7 novembre 2012, au lendemain de la réélection de Barack Obama, pour retrouver une chute de plus grande ampleur en pourcentage (-2,36%) et au 9 novembre 2011 en points, quand le Dow Jones avait chuté de 389,24 points ou 3,2%.

Le Nasdaq, à dominante technologique, a cédé 2,28% ou 78,57 points, à 3.364,63 points et l'indice Standard & Poor's 500 2,50% ou 40,74 points à 1.588,19 points.
"L'effet post-Bernanke se poursuit, c'est un carnage", a commenté Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, a prévenu mercredi à l'issue d'une réunion de politique monétaire très attendue que son institution allait probablement ralentir ses rachats d'actifs sur le marché d'ici la fin de l'année et y mettre fin en 2014.

La simple idée que la banque centrale mette un frein à son concours financier énorme à l'économie américaine a fait vaciller Wall Street, comme l'ensemble des marchés mondiaux: les Bourses asiatiques et européennes ont nettement reculé, le prix du baril de pétrole à Londres et New York a plongé et l'or est tombé sous le seuil de 1.300 dollars l'once pour la première fois depuis près de trois ans.

Les opérateurs "espéraient que la Fed non seulement éloignerait l'idée d'un ralentissement de ses mesures de soutien mais renforcerait même peut-être le sentiment qu'elle était prête à les accentuer étant donné la faible inflation et les indicateurs moroses en Chine et dans le reste du monde", a remarqué Michael Gayed, de Pension Partners.

"Ils ont été déçus", a-t-il ajouté. "Ils ont le sentiment que la Fed ne sera plus là alors même que la croissance mondiale vacille".
La place financière new-yorkaise a notamment réagi aux commentaires de M. Bernanke "en faisant bondir l'indice de volatilité", à son plus haut depuis le début de l'année, "et les taux obligataires", deux mouvements "qui pèsent fortement sur le marché action", a remarqué M. Cardillo.
Le marché obligataire, inquiet de voir se retirer cet acheteur de poids que constitue la Fed, a de fait nettement baissé. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a grimpé à 2,419% contre 2,311% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,514% contre 3,414% la veille, tous deux à leur plus haut depuis août 2011.

Les Bourses européennes également ébranlées

Les Bourses européennes ont lourdement chuté jeudi, angoissées à l'idée d'un prochain changement dans la politique de la Réserve fédérale américaine, qui a annoncé mercredi envisager de mettre fin à ses mesures exceptionnelles de soutien à l'économie.

Pour preuve, l'indice Bel 20 de la Bourse de Bruxelles a cédé 3,04% à 2.538,93 points.

Seules deux valeurs ont surnagé: l'assureur Delta Lloyd a pris 0,66% à 15,31 euros, et le groupe de services automobiles D'Ieteren, 0,05% à 32,89 euro.
La plus forte chute a été enregistrée par le distributeur Delhaize, qui réalise la moitié de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis. Il a perdu 4,81% à 47,99 euros.
GDF Suez a reculé de 4,02% à 15,03 euros.

Le bancassureur KBC a également accusé le coup, reculant de 3,68% à 29,36 euros, de même que le groupe métallurgique Umicore, qui a perdu 3,57% à 35,01 euros.