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En 2012, selon le SPF Travail, emploi et concertation sociale, il y avait plus de 40 demandeurs d’emploi par opportunité d’emploi en Wallonie. Un calcul erroné, selon Muriel Dejemeppe et Bruno Van der Linden, professeurs à l’UCL, chercheurs à l’IRES (UCL) et auteurs d’un article publié dans le dernier numéro (n°103) de Regards économiques, qui paraît ce vendredi, sur " le manque d’emploi en Wallonie : mythes et réalité ". " Pour établir ce ratio, le SPF met en rapport, d’une part, le nombre de demandeurs d’emploi inoccupés wallons recensés par le Forem au 30 juin 2012 et, d’autre part, le nombre d’emplois vacants que ce même organisme recense (hors emplois intérimaires) et qui sont non satisfaits au 30 juin 2012" , expliquent les auteurs de l’article qui estiment, eux, selon leur calcul, qu’il y avait en 2012 de l’ordre de 5 demandeurs d’emploi wallons par opportunité diffusée par le Forem. Ce nombre baisse davantage encore que si l’on tient compte de l’ensemble des offres d’emploi et des postes intérimaires.

Dans leur article, ils expliquent leur mode de calcul et en quoi le mode de calcul du SPF est critiquable. " Que nous apprend ce rapport qui divise "un stock" de chômeurs au 30 juin et "un stock" d’offres d’emploi en attente d’être satisfaites au même moment ? ", demandent les auteurs qui y voient une vision statique du marché du travail. " Le rapport de 40 pour 1 ne donne pas une indication de la pénurie relative d’offres d’emploi au cours de l’année."

Autre remarque : le nombre de postes vacants pertinents pour les demandeurs d’emploi wallons se distingue du nombre d’offres recensées par le Forem. En outre, notent-ils encore, le nombre de personnes qui sont à la recherche d’un emploi sur le territoire wallon dépasse celui des demandeurs d’emploi enregistrés sur ce même territoire.

Et de conclure : " Il y a bien un manque relatif d’offres d’emploi en Wallonie par rapport au nombre de chômeurs, mais on est loin de l’ampleur habituellement rapportée ."