Entreprise Faut-il privatiser Proximus, dans la tourmente après l'annonce d'un important plan de restructuration? L'idée a été lancée ces derniers jours. Pour Elio Di Rupo, invité de la matinale de la Première ce lundi, "c'est absurde. C’est comme si on avait un peu mal à la main, et qu’on disait il faut couper le bras. ».

L'ancien Premier ministre regrette le manque d'accompagnement pour les employés menacés de licenciement. "La question, c’est comment, tout d’un coup, cette annonce, dramatique pour 1900 personnes, n’a-t-elle pas été accompagnée par un certain nombre de mesures, comme par exemple, la formation pour que les personnes puissent rester dans l’entreprise", explique-t-il, fustigeant au passage l'excuse du passage eu numérique pour justifier de telles mesures.

"Quand j’entends que l’on fait tout cela car il faut prendre le tournant de la digitalisation, si Proximus n’a pas pris ce tournant depuis plusieurs années, c’est à désespérer de tout ! S’il y a bien une entreprise qui doit être au goût du jour sur le plan de la numérisation, c’est bien une société de télécommunication. »

"Dominique Leroy (administratrice déléguée de Proximus, ndlr) doit expliquer dans le détail ce qu’elle veut faire, et pourquoi elle le fait", demande enfin le patron du PS.


Ecolo s'interroge sur la compétence de la direction

Les écologistes s'interrogent également sur la façon dont la direction de Proximus gère l'entreprise. Il leur paraît douteux qu'elle n'ait pas vu venir l'évolution numérique de la société.

"Soit c'est un gros mensonge pour cacher les intérêts de l'actionnariat, soit c'est de l'incompétence. La question est posée. On nous donne une explication qui est celle de la digitalisation. J'ai du mal à croire que, chez Proximus, on soit aussi peu au fait de l'évolution de notre société pour avoir été mis devant le fait accompli de la digitalisation", a déclaré la co-présidente d'Ecolo Zakia Khattabi. 

Les Verts ne veulent pas entendre que le gouvernement serait démuni face au plan de "transformation" de Proximus. L'opérateur de télécommunication est une entreprise publique, détenue majoritairement par l'État qui peut demander la convocation d'une assemblée générale des actionnaires, soulignent-ils. À leurs yeux, le gouvernement a failli dans sa mission de contrôle de l'entreprise. 

"Aujourd'hui, j'ai le sentiment que Charles Michel découvre que l'eau, ça mouille et qu'il est confronté aux limites du libéralisme, du tout à la privatisation et au marché", a ajouté Mme Khattabi. Vendredi, le porte-parole du PS pour la campagne électorale, Paul Magnette, a lui aussi critiqué durement la direction de Proximus dont il a déploré "l'incompétence".