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Les employés de Ryanair travaillant sur des bases françaises "auront des contrats français et seront soumis à la législation française", a assuré mercredi Michael O'Leary, patron de la compagnie aérienne irlandaise à bas coût. "On s'est engagé quand on a annoncé le lancement de nos bases françaises à avoir des contrats français soumis à la législation française avec des taxes françaises et un salaire minimum français et même au-delà", a martelé le dirigeant lors d'une conférence de presse à l'aéroport de Marseille-Marignane.

Le patron de la première compagnie européenne en nombre de passagers répondait aux critiques de représentants du syndicat des personnels navigants commerciaux (PNC) d'Air France, qui ont pointé dans la presse les premiers salaires touchés par le personnel de Ryanair à Marseille, allant pour certains de 300 à 600 euros.

"Ces employés n'avaient pas travaillé le mois complet et nous avons rencontré des problèmes sur le paiement des taxes" entre celles pour les vols intérieurs et celles pour les vols internationaux notamment, a expliqué Michael O'Leary, assurant que tout serait régularisé "au 1er juillet".

Soupçonné d'avoir employé, de 2011 à 2014, des salariés sous statut irlandais sans respecter le droit social français à l'aéroport de Marseille, Ryanair avait été placé sous contrôle judiciaire en janvier 2017.

En octobre 2014, la compagnie avait également été condamnée par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à 200.000 euros d'amende et à payer 8,1 millions d'euros de dommages et intérêts pour travail dissimulé sur sa base de Marseille-Marignane entre 2007 et 2010. Mais la compagnie irlandaise avait contesté cette décision et la Cour de cassation a annulé en septembre 2018 cette condamnation et renvoyé le dossier devant la cour d'appel de Paris pour que s'y tienne un nouveau procès.

Ryanair a choisi de faire de Marseille sa première base française, huit ans après l'avoir quittée et déserté du même coup le territoire français. Outre Marignane, la compagnie a également ouvert une base à Bordeaux et a annoncé une troisième ouverture à Toulouse en octobre.

En 2018, la compagnie avait dû faire face à une série de grèves dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, de son personnel, qui réclamait des augmentations de salaires et des améliorations des conditions de travail.