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Les dirigeants du fonds de pension "Ogeo Fund" ont réagi à l’article paru dans nos éditions d’hier ("La Libre" du 24/09) sur les manquements à la loi et la surévaluation de leurs fonds propres. D’après le réviseur Jacques Tison de PriceWaterhouseCooper (PWC), les dirigeants auraient dû prévoir une provision de 212,7 millions d’euros et en tenir compte dans l’évaluation de leurs fonds propres. Après correction, il apparaît donc que ceux-ci ne sont plus de 3,5 millions d’euros, mais affichent un solde négatif de 209,2 millions d’euros. "Cette situation devrait en principe conduire à l’élaboration du plan d’assainissement prévu à l’article 113 de la Loi. L’intervention financière des entreprises d’affiliation pourrait être sollicitée", a conclu l’expert dans son rapport du 25 juin (voir l’intégralité du rapport du réviseur sur le site de "La Libre"). Il y relevait également d’autres entorses à la loi comme l’absence d’un plan de financement, la non-adaptation de la déclaration sur les principes de la politique de placement et la couverture partielle des provisions techniques par les actifs représentatifs.

"Techniquement, ce fonds ne peut en aucun cas être mis en faillite. C’est en parfaite connaissance de cause et en synergie avec le comité de direction que PriceWaterhouseCooper est d’avis que les provisions techniques devraient être augmentées à concurrence de quelque 200 millions d’euros. Cela fait suite à la nouvelle législation sur les institutions de retraite professionnelle, laquelle prévoit une méthodologie de réservation beaucoup plus contraignante que par le passé", s’insurge Marc Beyens, membre du comité de direction d’Ogeo.

Il "fustige les erreurs flagrantes relayées par l’article". Le réviseur agréé se serait-il trompé à ce point sur des montants aussi importants ? D’après M. Beyens, en tenant compte "d’un rendement des actifs sous gestion et en intégrant la règle prudentielle d’indexation des pensions, le sous-financement d’Ogeo Fund serait plutôt de 50 millions d’euros". Ce sous-financement serait la conséquence "d'avantages plus importants que la moyenne de la fonction publique octroyés" par les affiliés d’Ogeo Fund à leurs travailleurs. Il vante la logique du professionnalisme d’Ogeo qui, grâce au rapport, va couper les ponts avec la (mauvaise ?) "pratique qui régnait et qui règne encore dans certains fonds de pension du 1er pilier (NdlR : pension légale des travailleurs) non externalisés de leur entreprise d’affiliation".

En attendant, des députés, notamment Bernard Wesphael (Ecolo) et un autre élu du MR, entendent interpeller le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS) sur la situation d’Ogeo Fund. Plusieurs élus fustigent la diversification "non contrôlée et imprudente" de Tecteo (ex-ALE) d’où est né "Ogeo Fund" et comptent interpeller le ministre Paul Furlan (Pouvoirs locaux) sur la gestion de l’intercommunale en proie à une grève dure de ses travailleurs.