Entreprise

"Il n'est pas question de renégocier l'accord", indique jeudi la direction de Skeyes dans un communiqué, après une matinée marquée par un arrêt de travail au sein de l'entreprise publique en charge du contrôle de l'espace aérien belge. La direction ajoute néanmoins vouloir poursuivre les consultations et négocier plusieurs détails spécifiques. "Lors de la conclusion de l'accord social avec les travailleurs le 10 mai, il a été convenu que cet accord serait approfondi en consultation entre la direction et les syndicats", rappelle la direction. "Au début de cette semaine, la direction a pris l'initiative et une première réunion est prévue le lundi 20 mai."

Un accord social a été conclu vendredi dernier entre les syndicats et la direction de Skeyes. Côté syndical, ce texte n'a reçu l'aval que du seul syndicat socialiste ACOD. L'ACV-Transcom, principal syndicat au sein de l'entreprise, et le syndicat libéral VSOA, ne soutiennent pas l'accord.

Jeudi, le syndicat chrétien a dès lors mené une action spontanée de 9h30 à 13h, en réaction à une séance d'information prévue toute la journée par la direction. L'objectif était d'expliquer au personnel l'accord social.

"Les réunions d'information programmées toute la journée ont été annulées lorsqu'il est devenu clair que des actions spontanées allaient avoir lieu", indique la direction qui déplore qu'"aucune revendication n'était liée à ces actions."

Les réunions d'information prévues pour demain/vendredi auront lieu comme annoncé, ajoute la direction.

Bellot regrette ce mouvement organisé en dehors des règles de la concertation

Le cabinet du ministre fédéral de la Mobilité et des Transports François Bellot s'est limité à "regretter" jeudi le nouveau mouvement social chez Skeyes qui a conduit dans la matinée à la fermeture de l'espace aérien belge. Il a renvoyé la responsabilité de la recherche d'une solution dans le conflit social au management et aux syndicats. "On regrette les mouvements sociaux qui ne respectent pas les règles de la concertation sociale", a indiqué le cabinet, faisant référence à la nécessité de déposer un préavis.

Le cabinet a également déploré que ce mouvement a été déclenché malgré l'existence d'un accord social.

"A deux reprises, le management et les syndicats ont conclu un accord social. Ceux qui n'ont pas signé l'accord le renient aujourd'hui. C'est inquiétant. On remet en cause le modèle de concertation sociale", a observé le cabinet du ministre Bellot.

La fermeture de l'espace aérien belge a été décrétée jeudi entre 09h30 et 13h00 à la suite d'une action du syndicat chrétien ACV (CSC) affectant la situation de milliers de passagers.

Aux aéroports de Zaventem et Charleroi, une centaine de vols au total ont été annulés, en plus des nombreux avions dont le décollage ou l'atterrissage a été retardé.

Ces actions spontanées ont eu lieu en réaction à une séance d'information organisée toute la journée de jeudi par la direction. L'objectif était d'expliquer au personnel l'accord social conclu vendredi. Celui-ci n'avait été avalisé que par le seul syndicat socialiste (ACOD). Les syndicats chrétien ACV et libéral VSOA estiment qu'il "n'offre pas suffisamment de solutions".