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Selon toute vraisemblance, le dossier des nuisances sonores de l'aéroport national n'évoluera plus d'ici les élections législatives du 10 juin. Mais lors d'une conférence organisée récemment par la revue Politique et l'ASBL Bruxelles Air Libre Brussel, des voix autorisées se sont exprimées sur le sujet. Pour Philippe Touwaide, le médiateur de l'aéroport, l'élaboration d'un cadastre de bruit est la solution pour objectiver les nuisances subies par les riverains et pouvoir y apporter des solutions. "Des solutions existent, mais on ne veut pas les appliquer", a-t-il affirmé jeudi dernier lors du débat organisé dans un amphithéâtre de l'université libre de Bruxelles. Il estime qu'il "faut mieux gérer l'aéroport" et "repenser son rôle". Il est favorable à la création d'un troisième aéroport "à Chièvres ou ailleurs" et pense que "défendre la fin des vols de nuit n'est ni une menace pour le développement des activités aéroportuaires, ni pour l'emploi".

Des représentants des partis démocratiques étaient également présents autour de la table, de la sénatrice Isabelle Durant (pour Ecolo) à sa collègue au Sénat Clotilde Nyssens (CDH) en passant par Rudi Vervoort (PS), bourgmestre d'Evere et Didier Gosuin (FDF/MR), maïeur d'Auderghem et ex-ministre bruxellois de l'Environnement. Tous rejettent l'idée d'une "refédéralisation" de la problématique du bruit de l'aéroport, lancée récemment par le Premier ministre Guy Verhofstadt (VLD). Le maïeur d'Auderghem pourrait accepter l'idée si le fédéral reprend à son compte les dispositions de l'arrêté Gosuin de limitation du bruit des avions dans le ciel bruxellois.

Une étude épidémiologique

Pour Didier Gosuin, les complications du dossier symbolisent le dysfonctionnement de l'Etat belge. Il a indiqué qu'il "faut repenser la navigation aérienne en Belgique par rapport à la logique économique, l'alternative du train et la conscience écologique". Il plaide pour la réalisation d'une étude épidémiologique comme l'ont fait les autorités françaises autour de l'aéroport de Paris/CDG afin d'évaluer pendant un an l'impact du bruit des avions sur la santé des riverains. "Il faut élaborer un business plan pour l'aéroport qui englobe la dimension économique, sociale et environnementale et réaliser une étude d'incidence. La mise en place d'un organisme indépendant de contrôle composé notamment d'experts étrangers et qui aura un pouvoir de contrôle et de sanction est une nécessité, il ne doit pas être un refuge pour les "cabinetards" et doit faire des évaluations annuelles", dit-il. Il prône la limitation des vols à maximum 230 000 mouvements.