Entreprise La société de courtage en matières premières a trouvé un accord avec une part des créanciers.

Fin de partie pour Nyrstar. Le spécialiste du zinc au bord de la faillite, étranglé par le poids de sa dette et par la déprime des prix du zinc, a dû accepter une procédure de recapitalisation qui verra son principal actionnaire, Trafigura, posséder 98 % d’une nouvelle structure reprenant l’opérationnel de Nyrstar, cette dernière devenant une simple société holding possédant les 2 % restants de la nouvelle société. Pour ce faire, et pour éviter la faillite de Nyrstar, Trafigura, un opérateur de premier plan dans le secteur des matières premières, basé à Zurich, a dû faire approuver par une majorité des créanciers un accord complexe leur proposant d’échanger leurs obligations contre un paquet de produits financiers, dont certains liés à l’évolution des prix du zinc, mais assortis de la qualité de l’émetteur, Trafigura. En contrepartie, Trafigura a sécurisé la structure financière du groupe en apportant une garantie propre à rassurer les partenaires de Nyrstar.

Attendre et voir

Affaire bouclée ? Pour Wim Hoste, Senior Analyst chez KBC Securities, "c’est un peu tôt pour le dire. Il faut encore que, dans les semaines à venir, une majorité d’obligataires soutienne la proposition de Trafigura. Mais c’est, à l’heure actuelle, la meilleure solution en vue de préserver les intérêts des parties prenantes, dont les travailleurs", assure-t-il. En Bourse de Bruxelles, l’action Nyrstar, qui avait flambé avant la suspension de cotation la semaine dernière, a chuté de plus de 55 % hier, valorisant les 2 % de la nouvelle structure détenue à près de 30 millions d’euros. "Oui, mais c’est mieux que le scénario d’une faillite pure et simple, qui aurait impliqué la perte totale pour les actionnaires", explique encore Wim Hoste.

Quid des obligataires ? Pour Raphaël Goldwasser, un des gérants de la société de Bourse Goldwasser, "l’évolution des deux lignes d’obligations - pour un total de 850 millions d’euros - est évidemment différente de celle des actions, puisqu’elles remontent ce lundi de près de 20 % à 47 % de la valeur d’émission. Mais il subsiste des incertitudes sur l’approbation de la proposition de Trafigura. Et on peut se demander ce que les particuliers vont penser de se retrouver avec trois produits complexes en portefeuille." Les gagnants sont sans doute les spéculateurs qui ont pu acheter, à la mi-mars, de la dette à 28 % de la valeur d’émission et qui peuvent la revendre à 47 %. Et parmi ceux-ci, on compte les "fonds vautours" qui ont pu négocier avec les dirigeants de Nyrstar et de Trafigura.

Syndicats satisfaits

Les syndicats ABVV Metaal et ACV-CSC Metea se sont dits satisfaits lundi de la reprise de Nyrstar par Trafigura. "Nous disons depuis un certain temps que l’endettement du groupe détruit une usine en bon état de marche, c’est donc une bonne décision", ont-ils réagi. Quelque 550 personnes travaillent sur les sites de Nyrstar à Balen et Pelt (Limbourg). Le groupe emploie quelque 4 100 personnes. Nyrstar, qui a sans doute fait preuve de trop d’audace dans sa politique d’acquisition, a joué de malchance, alors que les prix du zinc remontent en flèche depuis septembre dernier.