Entreprise

Dans un univers de presse magazine francophone déjà inondé de titres, la sortie d'un nouveau support fait toujours figure de petit événement. Mais il faut croire qu'il reste de la place... C'est en tout cas le pari de "Lobby", qui sort de presse ce mercredi en Belgique francophone.

Avec son grand format (A3) et sa qualité d'impression, "Lobby" jouit au moins d'un atout : il ne passera pas inaperçu dans les 500 points de vente retenus par Edition Ventures, le groupe à l'origine du projet. Ce n'est pas vraiment le type de magazine qu'on glisse dans un attaché-case. Il trouvera davantage sa place sur une table de salon, dans les salons feutrés de grands hôtels ou dans les salles d'attente de professions libérales.

Ce n'est d'ailleurs pas pour déplaire à Bernard de Wasseige et François Didisheim, initiateurs de "Lobby". Leur trimestriel XXL, vendu à seulement 5 € et tiré à 10 000 exemplaires, se positionne sur le segment du très haut de gamme. Il suffit d'ailleurs de découvrir les insertions publicitaires - 40 pc sur un total de 108 pages - pour comprendre le public visé. Du très sélect, là aussi... "Lobby" s'adresse à tous les décideurs concernés par les coulisses du pouvoir" , annoncent ses promoteurs.

Au-delà de sa forme et de son positionnement, "Lobby" ambitionne d'offrir un autre regard sur l'actualité, d'être "l'antichambre de l'information capitale" . Pour y parvenir, la revue proposera quatre fois par an de "pénétrer les coulisses des multiples pouvoirs" en privilégiant l'investigation journalistique et les grandes enquêtes. "Il s'agira d'aller au fond des choses, même de celles qui paraissent les plus futiles" , écrit Paul Grosjean, rédacteur en chef.

Le premier numéro de "Lobby" correspond assez bien aux ambitions affichées. La connotation belgo-bruxelloise des sujets traités est omniprésente, avec notamment le premier volet d'une enquête sur la monarchie; les coulisses du "16, rue de la Loi", de la "RTL House" et du "New Léopold Club"; ou encore les spécificités belges du management culturel. On y parle aussi beaucoup de business, avec un face-à-face entre Solvay et IAG ou les "success stories" à la belge. Du léger, également, avec l'inévitable Michel Daerden (confronté à François Damiens dit L'Embrouille) et un portrait-rencontre très cosy de l'épouse de Didier Reynders.

Et pourquoi "Lobby", au fond ? Pour le côté "antichambre" (là où tout se discute, se négocie, se décide) et "investigation" (les lobbies, ça peut toujours aider pour mener une enquête).