Un drôle de gymnase pour enfants

Sandrine Vandendooren Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Dans la salle truffée d'engins, un petit blond fait des culbutes sur un tapis bleu tandis qu'un autre saute dans un tas de balles en mousse. Aucun ne se doute que dans la pièce voisine de ce drôle de gymnase, un jeune chef d'entreprise taille un costume belge à un projet peu commun venu des Etats-Unis... Jean-François Berleur (32 ans) a en effet ouvert, en janvier dernier, «The Little Gym», un centre de cours de développement psychomoteur pour enfants, à Wezembeek-Oppem. Après avoir travaillé dans la finance et voyagé pendant cinq ans en tant que consultant chez Mc Kinsey, cet ingénieur civil de formation ressent le besoin de lancer un projet «pour le bien de la communauté, tout en lui appliquant une approche entrepreneuriale c'est-à-dire avec des bénéfices à la clé». Le jeune Bruxellois trouve sa voie en rencontrant Alexander de Wit et Christian Léonard, détenteurs des droits de franchise en Europe sur le concept «The Little Gym». «Ce concept américain bénéficie de plus de 25 ans d'expérience dans le développement psychomoteur des enfants. Il répond à un réel besoin de société: il y a de plus en plus de problèmes d'obésité chez les enfants, qui regardent trop la télévision. De plus, leur noyau familial est souvent déstabilisé», explique-t-il.

Convaincre les Belges

Mais vendre le concept en Belgique n'est pas gagné d'avance. «Il faut faire comprendre aux Belges, qui ne connaissent que les plaines de jeux ou les stages de psychomotricité de l'Adeps, la valeur ajoutée du concept. The Little Gym propose une pédagogie qui prend en compte le développement global de l'enfant». Les cours pour les tout petits (- de 3 ans) se donnent en compagnie d'un des parents. Aux enfants de plus de 3 ans, le centre propose des cours qui allient le jeu et le développement moteur et relationnel.

Un abonnement de 5 mois coûte 250 euros, à raison d'une leçon par semaine, soit 12,5 euros environ par cours. Un budget qui n'est pas à la portée de tous... «Les clients qui viennent ici ne sont pas tous fortunés», nuance le propriétaire des lieux.

Pour lancer sa petite entreprise, M.Berleur a investi entre 140 et 180000 euros. Il a fait appel au Fonds de participations, «censé promouvoir l'esprit d'entreprise en Belgique ». En vain. «Mon plan d'entreprise a été plusieurs fois rejeté en dépit de mes bonnes références. Le Fonds de participations trouvait mon projet trop risqué alors qu'aucun The Little Gym n'a encore fait faillite». C'est finalement à la BBL qu'il reçoit le coup de pouce nécessaire. Après cinq premiers mois d'activités, le centre (qui représente 3,5 emplois, dont celui de Jean-François Berleur) comptait 280 membres, conformément aux objectifs fixés. D'ici à la fin décembre, le jeune patron espère atteindre la barre des 400 inscriptions.

Enfants défavorisés

Mais l'homme n'entend pas en rester là. Il veut ouvrir un centre pour les enfants défavorisés, à Bruxelles ou ailleurs en Europe. «Le concept est universel, il est bon pour tout enfant, quel que soit son milieu social». Pour ce faire, l'homme recherche des investisseurs publics et privés prêts à soutenir son projet.

Dans la même veine, il s'est lancé récemment dans un autre projet social en créant l'asbl «Mano a Mano», un système de parrainage qui vise à trouver des adultes pour jouer le rôle de «grand frère» ou de «grande soeur» vis-à-vis des jeunes de 8 à 21 ans, en manque d'attention et d'écoute.

© La Libre Belgique 2003

Sandrine Vandendooren

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