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Une affaire de blanchiment d’argent, en lien avec une société d’énergie tchèque, a été découverte en Suisse, provoquant le blocage de 600 millions de francs suisses (500 millions d’euros) sur une centaine de comptes bancaires, rapporte le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC). Sept personnes, six Tchèques et un Belge - Jacques de Groote, ex-administrateur belge au Fonds monétaire international - ont été inculpés pour activité présumée de blanchiment d’argent et de criminalité économique. Concrètement, la justice les soupçonne d’avoir pris le contrôle de manière illégale d’une des plus importantes sociétés énergétiques tchèques. Le MPC "reproche aux dirigeants de la société ainsi qu’à des tiers ayant participé à cette appropriation d’avoir mis sur pied une structure de sociétés particulièrement complexe dans différents pays dont la Suisse pour détourner à des fins privées des avoirs de la société, afin de leur permettre d’en devenir propriétaires sans débourser un centime" . Selon l’accusation, une partie importante des avoirs a été transférée et blanchie en Suisse. Selon des sources tchèques, l’affaire concernerait la privatisation douteuse de la société minière de Most (Mostecka Uhelna Spolecnost, MUS). Jacques de Groote, que nous avons contacté, confirme bien qu’il s’agit de la société MUS qui a fait l’objet d’une reprise par le management, notamment via une société en Suisse. "MUS ne s’est pas constituée partie civile et n’a pas estimé avoir subi un préjudice à la suite des décisions de la direction générale. L’Etat tchèque, de son côté, n’a pas estimé qu’il y avait eu un délit. Par ailleurs, je n’étais pas au courant et je n’avais pas à connaître les actes de gestion courante posés par la direction générale de cette société, dont j’étais membre du comité de surveillance. Les autres inculpés, membres de la direction générale, ont confirmé ne pas m’avoir informé, en avoir l’obligation ou souhaiter vouloir le faire" , nous a expliqué Jacques de Groote. Qui ajoute : "Le procureur m’a proposé une amende si j’acceptais de dire que j’aurais dû m’informer davantage, ce que j’ai refusé. Je m’insurge contre les accusations de blanchiment d’argent et d’abus de biens sociaux." Jacques de Groote parle encore de "procédure arbitraire" et se dit confiant, au terme du procès, de toucher "d’importantes indemnités" . "Je suis innocent. J’ai assumé de manière volontaire d’aller au procès" , conclut-il. V.S. (avec AFP)