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L'indice Bel 20, qui reprend les plus importantes valeurs boursières belges, a enregistré lundi une de ses plus fortes baisses : -5,48 pc. Depuis, le 1er janvier, il a perdu 15,4 pc, et 22 pc depuis un an.

Les autres Bourses sont aussi en déroute. Mais l'indice belge a encore plus souffert en raison de sa forte pondération en valeurs financières.

C'est en effet le secteur bancaire qui est le plus directement touché par la crise du "subprime", qui désigne ces prêts hypothécaires à risque transformés en titres et vendus à tour de bras dans le monde.

Disons-le sans hésiter : ce qui se passe est inquiétant. Tout a commencé avec l'éclatement de la bulle immobilière aux Etats-Unis, qui a obligé des dizaines de milliers de ménages américains incapables de rembourser leurs prêts à se défaire de leur logement, entraînant autant de drames humains. Ce n'est là qu'un symptôme d'une économie américaine qui va mal. Et qui a peu de chance d'être relancée par un plan Bush jugé peu convaincant.

Cette crise est aussi inquiétante car elle a montré que les banques ne savent pas toujours ce qu'elles ont dans leurs bilans, se fiant de manière crédule aux appréciations souvent trop flatteuses données aux débiteurs ou à différents produits financiers par les agences de notation. Il est loin le temps où le banquier connaissait bien l'emprunteur final. A l'heure d'aujourd'hui, les liquidités passent par quantité de véhicules opaques qui semblent échapper à tout contrôle.

Comment est-ce possible que de nombreuses institutions financières, toujours à la recherche de rendements plus élevés, aient pris tant de risques sans qu'on n'ait tiré la sonnette d'alarme ? Au sein des organismes de contrôle, on se pose certainement la question sans pour autant avoir trouvé la réponse.

En attendant, cette crise aura des effets négatifs et pas seulement sur les portefeuilles des épargnants qui détiennent des actions. Elle va sans doute aussi entraîner une hausse du coût du crédit qui freinera l'économie mondiale. Elle obligera les banques à retrouver de la rentabilité notamment en licenciant massivement.

C'est toute l'injustice de ce krach, comme d'autres d'ailleurs : ceux qui seront le plus durement touchés ne sont pas les premiers responsables qui eux, le cas échéant, pourront partir avec un parachute doré. Il est temps qu'on se pose des questions sur les dérives que peuvent entraîner les rémunérations astronomiques de certains métiers de la finance.