Entreprise Ce sont des conditions de travail que nous ne voulons pas en Belgique." Yves Lambot, permanent CNE (centrale nationale des employés) pour la région du Hainaut, compte les heures avant ce lundi après-midi. Dès 14h, le Tribunal du Travail de Charleroi tiendra sa première audience dans l’affaire qui oppose 6 employés et les sociétés Ryanair et Crewlink (société irlandaise qui fournit la main-d’œuvre à la compagnie low cost irlandaise). Parmi ces ex-employés qui ont travaillé entre trois et cinq ans pour Ryanair, on retrouve une Belge et cinq Espagnols basés à l’aéroport de Charleroi. " Deux d’entre eux ont été licenciés pour s’être plaints de leurs conditions de travail. En fait, ils ont reçu leur C4 dès que Ryanair a appris qu’ils s’étaient adressés aux syndicats", dénonce M. Lambot.

La CNE, au nom des six ex-membres d’équipage, s’attaque donc à nouveau à Ryanair. "On espère obtenir davantage de succès que lors de notre action en 2004. A l’époque, on avait dû arrêter la procédure pour des raisons techniques. Depuis des années, nous demandons que Ryanair, qui emploie des travailleurs domiciliés en Belgique, se conforme au droit du travail belge."

Profitant d’un flou juridique européen (qui prendra fin en 2020), Ryanair continue d’appliquer le droit irlandais, "bien moins avantageux pour les travailleurs" à tous ses employés. Et ce même s’ils sont basés à des milliers de kilomètres de Dublin. "Mais rien n’empêche la justice belge de se montrer plus contraignante que la justice européenne, insiste le syndicaliste. D’après lui, les conditions de travail chez Ryanair sont proches de "l’exploitation humaine". "Les nouveaux engagés tiennent au maximum trois ans. On leur propose un salaire brut qui est quasiment le net. Mais leur formation est payante, ils ne touchent rien lorsqu’ils ne volent pas. Et quid de leur pension, de leur couverture sociale ?"

Via la CNE, chacun des employés réclame, à titre provisionnel, 20 000 euros. Si le jugement, attendu dans plusieurs semaines, leur est favorable, les 6 employés pourront récupérer le salaire, les primes de fin d’année, les pécules de vacances et les indemnités de rupture "qu’ils n’ont pas perçus lorsqu’ils étaient sous contrat".