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S'il a admis l'existence "objective" de la crise, M. Van Rompuy a souligné qu'elle se nourrissait aussi d'un "élément subjectif", à savoir "la réaction des agents économiques", laquelle a "un effet amplificateur".

Face à ce constat, le Premier ministre s'est livré à un exercice de pensée positive, en soulignant notamment l'ampleur des plans de relance mis en oeuvre par les différents pays - entre 3% et 3,5% du PIB - et la réussite du sauvetage financier. "Il n'y a pas eu de Lehman Brothers en Europe, il n'y pas eu de 'financial meltdown'", a-t-il insisté.

M. Van Rompuy s'est également félicité de l'adoption de lignes directrices communes sur la gestion des actifs financiers dépréciés (dits "toxiques"). Celles-ci laissent selon lui suffisamment de flexibilité aux différents gouvernements pour mettre en place des solutions ad hoc. Une flexibilité d'autant plus nécessaire que "même dans notre pays, chaque banque est différente", a-t-il dit. Evoquant le rapport de Larosière sur la réforme de la supervision financière, il s'est prononcé pour une mise en oeuvre rapide. "N'en discutons pas trop, exécutons-le le plus vite possible", a-t-il dit.

Le Premier ministre a enfin abordé la question des déficits budgétaires, en insistant sur l'importance d'une "stratégie de sortie". "Une politique de déficit est parfaitement justifiée en 2009, mais il nous faut une perspective de retour à des finances publiques saines", a assuré cet ancien ministre du budget qui, dans les années 1990, a déjà administré un régime strict aux finances publiques.

Un retour à la rigueur est justifié d'un point de vue économique, parce que "beaucoup d'agents considèrent les déficits d'aujourd'hui comme les impôts de demain", ce qui les amène à épargner, a-t-il argumenté. Ainsi en Belgique, bien que le revenu des ménages soit en augmentation, il ne se traduit pas par une hausse de la consommation, selon M. Van Rompuy.