Entreprise Le milliardaire américain Warren Buffett a bénéficié du "Trump effect".

D’après les indicateurs calculés par les modèles de l’agence Bloomberg (Bloomberg Billionaires Index), le remodelage du paysage politique mondial avec l’émergence de leaders populistes en 2016 a contribué à doper la fortune des milliardaires dans le monde. Certes, le Brexit, l’élection de Donald Trump ou encore l’insuccès politique du Premier ministre italien dans ses projets de réformes institutionnelles ont secoué les marchés. Mais ces événements sont aussi porteurs de projets ou d’intentions en matière de politique économique, propres à enthousiasmer les entreprises et les investisseurs. Ces écarts de cours qui ont quelquefois pesé sur le trésor des investisseurs les plus riches du monde, laissent dès lors un bilan annuel de quelque 5,7 % de hausse, soit 237 milliards de mieux sur l’année, pour un total de 4 400 milliards de dollars.

Solides, psychologiquement aussi

Une fois encore, la résilience psychologique de ces hyper-riches a payé. "En général, nos clients passent à travers les zones de volatilité", a expliqué aux journalistes de Bloomberg, Simon Smiles, chief investment officer des clients ultra-riches pour UBS Wealth Management.

Les riches Américains qui ont accumulé une plus-value globale de 77,5 milliards de dollars sur l’année, revendiquent au passage les quatre meilleures places du Quinté de tête (voir ci-contre), suivis par le Français Bernard Arnault qui a ajouté 7,10 milliards de dollars à sa fortune estimée à 38,90 milliards de dollars. Ce dernier a pu compter sur l’engouement du marché chinois pour les produits de luxe distillés par les grandes marques de son groupe LVMH (Louis Vuitton, Moët Hennesy).

Alibaba fait le plein de dollars

Le club des Chinois ultra-riches a connu, par contre, une année 2016 plus délicate après cinq années de bonheur financier. Globalement, expliquent les spécialistes de Bloomberg, ils ont perdu 11 milliards de dollars, en raison de la chute des Bourses chinoises de Shanghai et de Shenzhen, combinée au recul du yuan face au dollar. Mais dans ce groupe de 31 milliardaires qui totalise quand même une fortune de 262 milliards de dollars, on trouve encore des gagnants comme le patron du groupe Alibaba, Jack Ma, qui a étoffé son butin de 3,6 milliards de dollars pour un total de 33,3 milliards. Et ce dernier devrait y ajouter quelques milliards l’an prochain lorsqu’il aura introduit en Bourse sa filiale financière, Ant Financial, qui compte déjà près d’un demi-milliard de clients.

Wang Jianlin dérape

Jack Ma a toutefois déjà dépassé l’ex-Chinois le plus riche, Wang Jianlin, le patron du conglomérat Dalian Wanda Group, qui, redoublant de malchance (le pauvre !), a perdu cette année la bagatelle de 5,8 milliards de dollars, réduisant ainsi sa fortune à un "maigre" 30,6 milliards de dollars, et finissant 2016 au triste rang de 21e personne la plus riche du monde. Il n’est donc pas encore sur la paille, et il peut encore élire domicile dans un confortable 5 étoiles : il est actuellement le principal propriétaire mondial de ce type d’établissements. Et il bénéficie quand même cette année d’un classement spécial : il est le milliardaire qui a perdu le plus de plumes en 2016 !

© IPM
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