Entreprise

Ils sont deux. Elie Casamitjana et Louis Sorlat ont lancé, il y a un peu plus d’un an, leur petite entreprise en recourant à toutes les aides que pouvait leur proposer la Région bruxelloise. Ces "starters" n’ont pas choisi la facilité. Leur projet visait à prendre une place dans le secteur très concurrentiel des jeux de société. C’était d’autant plus téméraire que leur spécificité, c’est la promotion du jeu malin, du jeu qui apprend et auquel on applique très facilement le label de "jeu éducatif". "On ne va pas s’en cacher, nous confirme Louis Sorlat. Ce qui nous intéresse, c’est de mettre en avant les facultés d’apprentissage que recèle le jeu."

Le défi, c’est en fait de transformer ce qui peut passer pour un handicap en un atout dans le circuit commercial. Et Weelingua a très bien manœuvré jusqu’ici avec un bon millier de boîtes vendues et une diffusion complémentaire en print & play (téléchargement et impression par l’utilisateur). Il faut savoir que le principe du jeu est assez simple. Weelingua, c’est un néologisme anglo-latin qui pourrait signifier la "roue du langage". Un plateau de jeu circulaire et une série de 121 cartes qui posent des questions axées principalement sur le langage sous toutes ses formes : orthographe, grammaire, prononciation, observation, logique…

En famille ou à l’école avec des enfants dès 8 ans, l’apprentissage devient un jeu et réciproquement. Certes, ce n’est pas automatique. Pour que ça marche, il faut que l’exercice ait une allure ludique. Dans son graphisme notamment (l’illustratrice est Gaëlle Grisard qui signe aussi dans "La Libre Entreprise"…) mais aussi dans la formulation des questions. Et sur ce point aussi, on sent qu’il y a eu un réel travail de la part des créateurs.

Si Weelingua a déjà réussi à se faire distribuer dans une quarantaine de magasins, sa notoriété est surtout bien établie auprès des professionnels du langage, les enseignants en général mais aussi les logopèdes ou autres orthophonistes. "Nous sommes fiers de pouvoir dire qu’un logopède sur dix utilise Weelingua en Belgique. C’est une vraie reconnaissance de la qualité du jeu et nous voulons développer cette relation avec le monde professionnel", poursuit Louis Sorlat.

C’est d’ailleurs ce succès qui a incité l’équipe ixelloise à développer trois compléments à la boîte de base : un complément sur les jeux d’écriture (Winiplume), un autre sur les mathématiques (Winiplus) et un troisième très audacieux consacré au néerlandais (Wineke). "Ce sont des cartes supplémentaires mais qui peuvent se jouer indépendamment du jeu de base également. Pour ce qui est du module néerlandais, il ne s’agit pas d’une traduction. C’est un jeu destiné aux francophones, enfants ou adultes, qui veulent faire progresser leur connaissance du néerlandais."