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Xavier Fontanet a sorti récemment “Pourquoi pas nous” (Les belles lettres/Fayard), un ouvrage dans lequel il préconise pour la France un certain nombre de réformes (poids de l’Etat, pensions, emploi, fiscalité etc) nécessaires pour sortir son pays de la crise. Pour l’ancien grand patron d’Essilor (de 1996 à 2010), aujourd’hui administrateur au sein des groupes français L’Oréal et Schneider et auteur de nombreuses chroniques dans le quotidien français “Les Echos”, il faudrait d’ailleurs intégrer l’esprit de telles réformes dans la Constitution française. Son livre, qui se base sur des recettes qui ont produit des résultats dans d’autres pays (Allemagne, Suisse, Canada, Nouvelle-Zélande), se veut comme appel à la réflexion du monde politique. Il a d’ailleurs été envoyé à l’ensemble des députés et sénateurs de l’Hexagone: il y a eu un certain écho, y compris à gauche. Sur le site lalibre.be, vous pourrez retrouver d’autres passages de cet entretien avec “La Libre”.


Vous dressez un constat sévère de la France .Un modèle social devenu insoutenable , une sphère publique lourde et handicapante pour les entreprises, une fiscalité record, un écroulement des investissements étrangers… Alors à qui la faute?

J'essaye d'être factuel, les problèmes de la France démarrent en 1974, c'est l'une des idées centrales de mon livre. Cela bat en brèche l'idée très largement répandue en France que les problèmes ont débuté avec Mitterrand. Si on regarde sur très longue période les statistiques économiques, on se rend compte que 1974 a été un point charnière. Pour beaucoup d'observateurs, le début des problèmes de la France a coïncidé et trouvé son origine dans la crise pétrolière. En réalité, c'est avec l'arrivée des énarques au pouvoir. Le premier Président à avoir connu plusieurs années de déficits budgétaires, c'est Valery Giscard d'Estaing. Je ne suis pas de gauche mais je cherche à être objectif. C'est la droite qui a été la première à dire que l'économie de marché n'était pas optimale, que l'Etat devait s'en mêler et que la dépense publique était vertueuse. On a commencé alors à se réendetter. Auparavant, De Gaulle et Pompidou avaient su faire coïncider croissance économique avec désendettement et recul de la sphère publique. La période était peut être plus facile que maintenant, il n'empêche que leur gestion a été un modèle de frugalité.

Sur les 40 dernières années, la gauche et la droite sont co-responsables, selon vous?

On a effectivement connu ces 40 dernières années grosso modo 20 ans de gauche et 20 ans de droite au pouvoir. Quand vous calculez l'augmention de la dette par parti politique, vous avez 50% pour la gauche 50% pour la droite. La sphère politique a donc, selon moi, une responsabilité énorme dans les problèmes actuels de la France. C'est le fruit d'une dérive de la démocratie française qui est représentative, contrairement à la Suisse où elle est directe. En France, on donne mandat à des hommes politiques alors que les rendez-vous électoraux, eux, n'ont lieu que tous les cinq ans. Le peuple a assez rarement l'occasion de donner son opinion pour, le cas échéant, sanctionner les décideurs politiques.


Un entretien à lire en intégralité dans la Sélection LaLibre.be (seulement 4,83€ par mois).