L'histoire semble irréaliste, certains pensaient qu'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie, d'une anecdote pour "faire le buzz". Mais elle est pourtant bien réelle. Un individu a écopé d'une amende de 100 euros pour avoir donné 70 centimes à un mendiant.

Cela s'est passé à Toulouse, en France, ce mercredi 20 novembre. Un homme a été arrêté par la police ferroviaire après avoir donné un peu de monnaie à une dame qui mendiait à la sortie de la station de métro.

Un don de 70 centimes qui lui vaudra une amende 100 euros. Motif ? La mendicité dans les lieux publics est interdite. Ce modeste don est donc une "infraction". France Télévisions, qui a révélé cette information, précise que l'individu a été verbalisé pour " sollicitation de toute nature".

Mais qu'est-ce qui se cache derrière cette appellation ? France Télévisions a contacté la SNCF qui a répondu par communiqué où l'on peut lire ceci : "Sollicitation de toute nature, cela veut dire que vous n'avez pas le droit, dans un lieu public comme une gare, de solliciter les personnes présentes, même pour un sondage par exemple, sans autorisation. De plus, la mendicité est interdite dans les lieux publics. Si cette contravention a été dressée c'est qu'il y avait une bonne raison de le faire. De toute façon entre la personne verbalisée et le policier, ce sera parole contre parole".

Cette affaire, qui anime la toile depuis quelques heures, est dénoncée par de nombreux internautes, estimant qu'il s'agit d'un "moyen de pénaliser la solidarité". Pour d'autres, C'est surtout une façon de lutter contre le phénomène de mendicité qui préoccupe de plus en plus de métropoles. Suite au tollé provoqué par cette histoire, la SNCF a d'ailleurs décidé d'annuler l'amende, même si le délit existe toujours. Qu'en est-il en Belgique ?

En Belgique, mendier n'est pas un délit, mais ...

La règle n'est pas très évidente pour la Belgique car la mendicité n'est plus un délit depuis qu'une loi de 1993 a dépénalisé la pratique. Pourtant, de plus en plus de villes adoptent des réglementations qui cadenassent la pratique ou qui l'interdisent dans et autour de certains lieux mais aussi selon certaines heures.

A Namur par exemple, le Conseil communal a, en 2014, pris plusieurs règlements anti-mendicité qui interdisent aux mendiants de mendier en ville. La règle existe également à Charleroi et plus  récemment, c'est le Collège communal de la ville d’Arlon qui a mis au vote une modification de l’article 21 du Règlement général de police relatif à la mendicité. Objectif : là aussi, interdire la mendicité dans Arlon. A Liège, la mendicité est strictement organisée, avec une tournante par quartiers et une interdiction le dimanche.

Une mesure qui avait été critiquée notamment par Ecolo qui estimait qu'il s'agissait d'une façon de "cacher les pauvres que l'on ne veut pas voir". Le règlement a finalement été assoupli en 2017.

A Bruxelles, la question reste tout aussi sensible et a fait l'objet de nombreuses discussions, parfois très animées, dans les différentes communes de la capitale. A la Ville de Bruxelles, ce n'est pas la mendicité que l'on cible à travers ces interdictions mais plutôt "les comportements périphériques". A l'heure actuelle, une sorte de consensus a été trouvé : la mendicité est "encadrée", ce qui signifie que la police peut verbaliser en fonction de la situation, des sanctions qui sont plutôt administratives. Il arrive également qu'on "invite" les personnes à changer de lieu pour mendier. 

En 2018, la Stib avait d'ailleurs interdit la mendicité dans ses stations. Une mesure qui avait choqué le secteur associatif qui dénonçait des pratiques qui ciblent les pauvres au lieu de s'attaquer à la pauvreté.

En attendant, en France, à Toulouse, l'individu a été contacté par la SNCF qui a annulé la contravention, mais il n'oubliera pas cette histoire de si tôt. 

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