Les assureurs sont sur le pied de guerre mais doivent attendre la décrue pour intervenir : "Cela ne sert pas à grand-chose d’envoyer des experts sur place"

Juillet 2021 va-t-il battre le triste record actuel de 2016 avec 27 000 déclarations de sinistres pour un montant de 143 millions d’euros d'indemnisations ?

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© BELGA

Les assureurs sont sur pied de guerre depuis le début des inondations, mais doivent logiquement attendre la décrue complète avant de pouvoir aider leurs clients à dresser le bilan définitif du sinistre dans les cas les plus dramatiques.

“Nous devons attendre que le niveau d’eau diminue pour découvrir les dégâts”, résume Gianni De Muynck, porte-parole d’AXA. “Les gens sont encore en plein milieu de la catastrophe et ils règlent le plus pressé : les évacuations, les transports, le relogement et pour certains, le nettoyage et la constatation des premiers dégâts”.

“Tant qu’il continue à pleuvoir, que l’eau est encore dans les maisons et les caves et que les pompiers font leur travail, cela ne sert pas à grand-chose d’envoyer des experts sur place”, ajoute Gerrit Feyaerts, porte-parole chez AG Insurance.

Réconfort et désespoir

D’ici-là, les assureurs tentent d’apporter du réconfort à leurs clients. “Nous mettons tout en œuvre pour gérer les nombreux appels et le désarroi de nos clients”, explique Serge Jacobs, porte-parole d’Ethias.

Ethias a déjà reçu des centaines de déclarations de sinistre, un nombre qui s’accroît de dizaines de demandes supplémentaires par heure. “Nous nous attendons à recevoir de nombreuses autres déclarations”, poursuit Serge Jacobs. “D’une part, la situation continue de s’aggraver. D’autre part, beaucoup de gens pensent maintenant aux mesures de prévention et d’urgence, et pas encore à la déclaration des dommages à leur assureur”.

“Nous aurons une meilleure vue de la situation après le week-end”, estime Gerrit Feyaerts. D’ici-là, ces mêmes assureurs ne restent pas les bras croisés. Il y a bien entendu l’accueil téléphonique de “clients en désespoir”, comme l’évoque le porte-parole d’AG Insurance. “On met en route les procédures pour s’organiser en interne, augmenter la capacité d’expertise et de gestion des sinistres”.

“Nous faisons une première estimation du nombre de clients potentiellement sinistres dans notre portefeuille en ciblant les zones à risque”, évoque encore Gianni De Muynck.

Pour obtenir une indemnisation, il faut bien entendu être assuré avec la couverture habitation, ce qui est le cas de quelque 98 % des Belges.

“Le contrat doit obligatoirement couvrir le risque de catastrophes naturelles, dont l’inondation”, rappelle le SPF Économie. “Par inondation, il faut entendre : un débordement de cours d’eau, canaux, lacs, étangs ou mers, ou un ruissellement d’eau résultant du manque d’absorption du sol et les glissements et affaissements de terrain qui en résultent”.

Dans son malheur, la personne sinistrée sait donc que l’assureur couvrira les dégâts subis à la suite des inondations de ces derniers jours.

Elle devra bien entendu prouver l’ampleur du sinistre. “Il est très important de prendre des photographies significatives des dégâts”, rappelle Ethias, qui demande aussi de “conserver les biens endommagés, dans la mesure du possible, et les tenir à notre disposition”, souligne Ethias.

La rc auto n’est pas suffisante

Pour les voitures endommagées ou emportées par les eaux, la situation est différente : Quelle que soit la compagnie, l’assurance responsabilité civile (rc, obligatoire) ne couvre pas ce type de dommage. “Chez nous, les dégâts subis par les forces de la nature sont couverts par l’omnium et la petite omnium”, précise à ce sujet le porte-parole d’AG Insurance.

Quelle sera l’ampleur des dommages ? Le triste record actuel est de 27 000 déclarations pour un montant de 143 millions d’euros lors des fortes pluies de mai et juin 2016.