Hausse des primes d'assurance à cause des catastrophes climatiques ? "Il faut que les risques restent assurables"

La question des assurances et de leurs capacités à indemniser les clients se pose de plus en plus.

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Crise Covid, risques climatiques, catastrophes… La question des assurances et de leurs capacités à indemniser les clients se pose de plus en plus. Récemment, Jan Van Calster, managing director de Marsh Belux, spécialiste en assurance et en gestion de risque, laissait entrevoir la possibilité que les primes augmentent alors que la couverture diminue sensiblement. Qu’en est-il à l’heure actuelle pour les inondations qui ont touché de nombreux Belges ?

Constructions en zones inondables

Toutes les constructions sont couvertes par le contrat d’assurance incendie (l’assurance habitation, NdlR). Les clients peuvent donc compter sur une indemnisation pour remettre sur pied leur logement”, déclare Hein Lannoy, CEO d’Assuralia, qui représente les compagnies d’assurances en Belgique. “Ces contrats ne sont pas obligatoires en Belgique mais de facto, la plupart des gens en disposent car lorsqu’il y a un crédit hypothécaire, ce qui est le cas généralement, les banques demandent cette couverture, et elle fonctionne pour les inondations”, explique-t-il. En Belgique, il y aurait plus de 6,5 millions de contrats, soit une couverture à 97 % des biens. “De plus, une assurance est obligatoire pour les locataires”, ajoute-t-il.

Quid des véhicules ?

Les assurés doivent prendre contact avec les assureurs au plus vite” pour savoir s’il y a des potentielles clauses d’exclusion.

“Généralement, il y a des couvertures spéciales pour les véhicules qui se trouvent dans les garages ou devant la maison”, précise Hein Lannoy, qui estime que l’état de catastrophe naturelle ne change rien pour les assurances. Pour les voitures en dehors du lieu d’habitation, l’assurance omnium prend en charge “mais si vous n’en avez pas, alors ce ne sera pas couvert”, explique-t-il. “Il y a également une franchise de 500 euros, mais ça dépend des assureurs. Certains ont décidé de ne pas demander la franchise dans ce cas-ci. Mais la politique commerciale varie selon les compagnies”, glisse-t-il encore. Par ailleurs, aucun seuil d’intervention maximum n’est prévu.

Les commerces

Les commerces et l’Horeca ont déjà traversé le Covid. “Une crise après l’autre… C’est une année difficile pour beaucoup de gens effectivement”, commente Hein Lannoy. “Cependant, il y a des assurances RC (responsabilité civile, NdlR) exploitation. Si un commerce doit stopper ses activités à cause de l’inondation, il peut bénéficier d’un revenu pendant un certain temps si un contrat a été établi”, pointe le dirigeant.

Une hausse des primes à l’avenir ?

Il faut pouvoir offrir une couverture raisonnable. On ne sait pas ce que va donner le futur mais il faut trouver une solution pour que les risques restent assurables. Il faut des partenariats avec les gouvernements pour trouver des solutions adéquates, même si pour le moment c’est assez vague. Mais je n’exclus pas que certains assureurs augmentent leurs primes si la fréquence de ce genre d’événement augmente. Il faut tenir compte des statistiques des sinistres pour calculer les primes”, reconnaît Hein Lannoy. “Il faut aller dans la même direction et servir l’intérêt général”, ajoute-t-il, lui qui vient d’avoir une réunion avec la Région wallonne pour se concerter et faire part des inquiétudes du secteur.

C’est un gros morceau pour les assureurs. Il y a eu des inondations en 2016 mais pas de cette ampleur. Ça avait coûté plus de 140 millions d’euros mais là nous estimons que ça sera largement supérieur”, affirme-t-il. Cependant, il écarte tout risque systémique et s’il ne peut avancer de chiffre précis, le matelas financier des différentes compagnies serait suffisant, selon lui. “Les autorités de contrôle veillent à la bonne santé des compagnies. Elles ont assez de fonds”, conclut-il.

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