La crise sanitaire a été propice à l'épargne... pour les hauts revenus

Durant la crise du Covid-19, l'épargne des Belges a augmenté mais principalement chez les hauts revenus. Et il est peu probable qu'elle soit réinvestie dans la consommation, indique la Banque nationale de Belgique.

La crise sanitaire a été propice à l'épargne... pour les hauts revenus
©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

En raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus, les ménages à hauts revenus ont épargné considérablement plus, a annoncé vendredi la Banque nationale de Belgique. Toutefois, selon elle, seule une partie limitée de cette épargne excédentaire sera réinjectée dans la consommation. La pandémie a eu un effet majeur sur la manière de consommer et d'épargner des familles. Si le plan de soutien du gouvernement a partiellement amorti le choc financier et a même amélioré leur pouvoir d'achat sur le plan macroéconomique, la consommation des ménages a chuté de plus de 8 % en 2020. Bien que partiellement due à une perte de revenus ou à une détérioration de la situation financière, cette baisse est surtout liée à l'"épargne forcée" résultant d'une limitation des possibilités de consommation. Les ménages à hauts revenus, en particulier, ont ainsi constitué un important excédent d'épargne alors que la plupart des ménages aux revenus faibles ont vu leur situation financière se détériorer et avaient donc moins à dépenser ou à épargner.

L'excédent d'épargne semble se concentrer dans les ménages aux revenus les plus élevés et il y a peu de chances que ces montants supplémentaires soient destinés à soutenir la consommation à l'avenir, souligne la Banque nationale. En outre, une grande partie de cette épargne excédentaire a été investie dans des actifs moins liquides et plus risqués, tels que des investissements en Bourse ou dans l'immobilier. Cela va à l'encontre des "hypothèses selon lesquelles une demande refoulée (pent-up demand) ou une consommation de vengeance (revenge consumption) serait le principal moteur de la reprise économique, du moins au cours des mois à venir", indique le rapport.

La Banque nationale s'attend néanmoins à ce que la consommation privée progresse fortement au cours de la période à venir, notamment grâce à la situation favorable du marché du travail qui devrait accroître le pouvoir d'achat.