Près de la moitié des Belges favorable à 30 ans de travail effectif pour le droit à la pension minimale

La ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) a plaidé en faveur de seulement 10 années effectives de travail comme condition pour la pension minimale.

Fleur Olagnier
A souligner que plus les gens sont âgés, plus ils plaident pour une durée de travail effectif longue.
A souligner que plus les gens sont âgés, plus ils plaident pour une durée de travail effectif longue. ©Shutterstock

Aujourd'hui en Belgique, la pension minimale est accessible après une carrière d'une durée de 30 années, comprenant les périodes de maladie de longue durée ou de chômage. Sachant qu'après 30 ans, il est possible d'obtenir les deux tiers de cette pension minimale, et la totalité à l'issue d'une carrière de 45 ans.

D'après une nouvelle enquête de l'assureur vie NN réalisée auprès de plus de 1 000 Belges, 48 % de la population pense qu'au moins 30 années de travail effectif (sans tenir compte de la maladie ou du chômage) est une bonne condition à l'octroi de la pension minimale.

Toutefois, la ministre des Pensions Karine Lalieux (PS) plaide en faveur d'un passage à 10 années effectives de travail, tandis que le CD&V et l'Open VLD penchent pour une durée de 20 ans.

Il ressort de l'enquête menée par l'agence de recherche indépendante Indiville que près de la moitié des Belges souhaite aller plus loin que les conditions figurant sur la table du gouvernement : 28 % opteraient pour 30 années de travail effectif et 20 % pour 40 années.

Seulement 9 % de la population est d'accord avec la proposition de la ministre des Pensions et 15 % des Belges penchent pour 20 ans de travail effectif.

Les plus âgés pour une durée plus longue

Par ailleurs, à souligner que plus les gens sont âgés, plus ils plaident pour une durée de travail effectif longue, on peut le supposer, en raison de leur état d'avancement dans leur carrière plus important que les jeunes générations.

"Du point de vue de 'Si nous pouvons le faire, pourquoi les jeunes générations ne le feraient-elles pas ?', on peut considérer qu'il n'est guère nécessaire de réduire le nombre d'années effectivement travaillées, expose Bart Chiau, expert senior chez NN et professeur à la faculté d'économie de l'Université de Gand. C'est parmi les jeunes générations que l'on constate le plus grand soutien à la proposition de Madame Lalieux, avec 16 % favorables. Cela montre notamment que les jeunes n'ont pas envie de payer le prix de la politique actuelle des retraites qui pèse de plus en plus lourd sur notre sécurité sociale".

Toutefois, puisque ce sont les personnes qui travaillent qui cotisent aux pensions légales, et que l'espérance de vie est en constante augmentation, la période de pension s'allonge et les allocations doivent être versées plus longtemps. Devoir travailler un plus grand nombre d'années semble donc inévitable.

A ce jour, les Belges travaillent effectivement 33,4 ans en moyenne.

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