Records pour les factures d'énergie en Flandre, mais baisse à venir selon Eneco

En Flandre, les personnes qui souscrivent un contrat d'électricité en avril verront leur facture annuelle passer à 1 708 euros en moyenne, un nouveau record avertit la VREG.

La réduction de la TVA de 21 à 6 % pour l'électricité et le gaz naturel, décidée par le gouvernement, n'est plus perceptible.
La réduction de la TVA de 21 à 6 % pour l'électricité et le gaz naturel, décidée par le gouvernement, n'est plus perceptible. ©Shutterstock
La Libre Eco avec Belga

La facture d'électricité et de gaz d'une famille flamande moyenne a atteint un record absolu en avril. La réduction de la TVA que le gouvernement a mise en œuvre pour tempérer la hausse des coûts de l'énergie a déjà été complètement annihilée, révèlent les chiffres du régulateur flamand de l'énergie, Vreg. Les personnes qui souscrivent un contrat d'électricité en avril verront leur facture annuelle passer à 1 708 euros en moyenne, un nouveau record. En mars, la réduction de la TVA s'est traduite par une facture nettement moins élevée (1 468 euros), mais en raison de l'augmentation du prix de la composante électricité, cette baisse est déjà derrière nous.

Quiconque souscrit un contrat de gaz naturel en avril paiera 3 659 euros sur une base annuelle, ce qui constitue également un record absolu. Cela signifie que la facture de gaz est légèrement plus élevée qu'en janvier, le mois record précédent. En février et mars, la facture de gaz a quelque peu diminué, mais cette tendance a également pris fin.

Cela signifie que la réduction de la TVA de 21 à 6 % pour l'électricité et le gaz naturel, décidée par le gouvernement, n'est plus perceptible. Pour le gaz naturel, la réduction n'a même pas été ressentie : même avec la répercussion de la réduction de la TVA d'avril, la facture est à des niveaux records. Sans la réduction de la TVA, la facture serait bien sûr encore plus élevée.

Pour être clair : tous les ménages ne paient pas des factures annuelles aussi élevées. Les chiffres de l'autorité de régulation concernent les ménages qui ont conclu un contrat en avril. Même ceux qui ont un contrat variable verront leur facture augmenter en avril. Rien ne change pour les contrats fixes.

Vision déformée

Le fournisseur d'énergie Eneco s'attend à une légère baisse des prix de l'électricité et du gaz naturel ce mois-ci et dans les mois à venir. Les prix records qui ont été enregistrés en avril en Flandre donnent une image quelque peu déformée du marché, selon l'entreprise. De son côté, Test Achats estime que l'électricité et le gaz naturel sont tout simplement devenus inabordables pour un revenu moyen.

Selon Pieter Verlinden, responsable des achats d'énergie chez Eneco Belgique, numéro trois du marché en Flandre, le tableau est toutefois quelque peu déformé. "Les prix d'avril du Vreg tiennent compte de ce qui s'est passé sur le marché en mars. Il y avait alors eu des prix historiquement élevés en raison de la situation en Ukraine. Mais entre-temps, la plupart du stress lié à l'Ukraine a quitté le marché."

Avec l'arrivée des mois plus chauds et, par conséquent, la production d'une plus grande quantité d'énergie renouvelable, Eneco s'attend à une baisse des prix dans les mois à venir. "Pour avril, nous constatons déjà que les prix quotidiens de l'électricité et du gaz naturel (que les fournisseurs utilisent pour fixer leurs prix contractuels, NDLR) sont inférieurs de 30 % à ceux de mars. On peut donc s'attendre à une baisse des prix pour ce mois-ci et le mois prochain, si cette tendance se poursuit bien sûr."

On ne devrait cependant probablement pas revenir à des prix comme ceux de 2019 ou 2020, prédit le fournisseur d'énergie. "Pour 2023 et 2024, nous constatons déjà une hausse des prix sur les marchés. Les prix sont susceptibles d'augmenter à nouveau cet automne. Le marché craint que cette crise énergétique ne se prolonge pendant un certain temps."

Les factures d'énergie deviennent inabordables pour un grand nombre de consommateurs, fustige, de son côté, Test Achats. Les fournisseurs ont d'ailleurs déjà signalé une augmentation du nombre d'impayés de la part des ménages qui ne peuvent plus assumer leurs factures.

Test Achats préconise donc un véritable taxshift sur l'énergie, où la facture des ménages serait réduite à l'essentiel: les électrons et leur transport. "Les frais de gestion, qui n'ont pas leur place dans la facture, devraient en être retirés et financés différemment", demande l'organisation de consommateurs.

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