À défaut de réformer, simplifiez !

La réforme fiscale, tant attendue et souhaitée, n'est pas encore en phase d'approche.

La réforme fiscale ne figure pas dans la note “d’agenda” que le Premier ministre Alexander De Croo a déposé sur la table du gouvernement pour les prochains mois.
La réforme fiscale ne figure pas dans la note “d’agenda” que le Premier ministre Alexander De Croo a déposé sur la table du gouvernement pour les prochains mois. ©BELGA

On a toutes les bonnes raisons du monde de plaider pour une réforme fiscale. La progressivité de l’impôt est bien trop élevée. Les charges qui pèsent sur le travail sont trop lourdes, notamment. La Belgique est championne du monde en matière de taxation, on le répète à l’envie depuis des années.

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Toutes ces bonnes raisons ne suffisent pas à faire avancer concrètement la grande réforme fiscale que la Vivaldi a pourtant inscrite à son agenda pour la fin de la législature. Elle ne figure d’ailleurs pas dans la note “d’agenda” que le Premier ministre Alexander De Croo a déposé sur la table du gouvernement pour les prochains mois.

Dès qu’on parle de fiscalité, socialistes et libéraux sont il est vrai aux antipodes. En coulisses, il se dit que la Vivaldi ne sera pas l’exécutif qui fera atterrir cette réforme. Ce serait regrettable. Mais osons cette suggestion : faites au moins atterrir une simplification de notre système fiscal, tel que l’accord de gouvernement le prévoit ! Au niveau de la déclaration fiscale, des gros efforts ont été fournis pour améliorer l’aide au remplissage de la déclaration, via Tax-on-Web et la Proposition de déclaration simplifiée (PDS). Cela ne s’est pas fait sans heurts, mais cela fonctionne bien mieux dorénavant ! En matière judiciaire aussi, quelques initiatives récentes (Justonweb, Justinvoice) ont été prises en matière de digitalisation qui facilitent aussi la vie des citoyens et des professionnels, qui peuvent laisser entrevoir un dégraissage de l’arriéré judiciaire…

Bref, il est possible de faire avancer les choses. Mais il reste tellement à faire, sur le plan judiciaire comme sur le plan fiscal. Parfois, même les fiscalistes sont dans l’incapacité d’interpréter certaines lois ou circulaires.

Si ce travail pouvait être réalisé, et si on supprimait d’ores et déjà quelques niches fiscales désuètes ou quelques textes de loi obsolètes, ce serait déjà un grand pas en avant. Ce travail-là, déjà dégrossi par le Conseil supérieur des finances (CSF), pourrait être achevé après concertation avec le secteur et ouvrirait sans doute la voie à d’autres réformes. Encore faut-il que la Vivaldi veuille vraiment mettre le doigt dans l’engrenage…