"Si c'est la guerre qu'ils veulent, ils l'auront": les syndicats furieux après une nouvelle attaque du patronat sur l'indexation des salaires

L'organisation patronale flamande Voka a proposé mardi de supprimer 3 % de l'indexation des salaires et de la "compenser" par un chèque de 500 euros nets aux travailleurs concernés.

La Libre Eco avec Belga
"Si c'est la guerre qu'ils veulent, ils l'auront", réagit le président du syndicat ACV Metea (CSC), William Van Erdeghem.
"Si c'est la guerre qu'ils veulent, ils l'auront", réagit le président du syndicat ACV Metea (CSC), William Van Erdeghem. ©BELGA

Le patronat, souvent par la voix de sa coupole FEB (Fédération des Entreprises de Belgique), critique régulièrement le système d'indexation automatique des salaires, d'autant plus que l'inflation atteindra sur 2022 plus de 8 %, selon les dernières prévisions de la Banque nationale de Belgique. Si l'inflation est déjà vécue par les ménages cette année, l'indexation des salaires pour de nombreux travailleurs n'aura lieu qu'en janvier.

Avec sa proposition de réduire de 3 % l'indexation en la "compensant" d'un chèque unique de 500 euros, le Voka s'attire les foudres des syndicats.

"C'est totalement déplacé", estime le président du syndicat ACV Metea (CSC), William Van Erdeghem. "Ces attaques contre l'indexation doivent cesser. Sinon des actions ne sont pas exclues. Si c'est la guerre qu'ils veulent, ils l'auront."

Ce saut d'index, "qui ne dit pas vraiment son nom", poursuivra les travailleurs tout au long de leur carrière, fait valoir le syndicat chrétien. Selon ses calculs, un travailleur avec un salaire médian (3.486 euros bruts par mois) qui travaille encore à temps plein pendant 20 ans perdra minimum 27.023 euros de salaire brut. Sans compter que cette non indexation se répercutera également sur sa pension et ses autres allocations sociales éventuelles. "Le Voka pense pouvoir compenser cette importante perte de pouvoir d'achat à long terme en octroyant une prime nette unique de 500 euros. C'est de la poudre aux yeux, précisément à un moment où de nombreux ménages doivent faire face à l'augmentation galopante du coût de la vie et où les bénéfices des entreprises franchissent des seuils historiquement élevés", poursuit le syndicat.

"Les ménages sont de plus en plus nombreux à demander comment ils vont pouvoir continuer à payer toutes les factures. De l'autre côté, on constate une concentration de plus en plus importante des revenus et des fortunes chez une certaine élite. Une meilleure répartition s'impose donc de toute urgence. Il faut dès lors aborder la question des impôts", estime le président Marc Leemans, faisant référence à l'impôt sur la fortune souhaité par le banc syndical.

La secrétaire générale de la FGTB flamande Caroline Copers, a, elle aussi rejeté la proposition, arguant qu'elle augmenterait le risque de pauvreté.